Guil. de Nano;- Chron. cont. anno
légitimes ou fondés sur une coutume « juste et raisonnable. » Les prélats ne s'étant pas contentés de cotte réponse, Philippe leur parla alors plus ouvertement. Il leur reprocha leurs empiétements, leurs abus, et, en les congédiant, leur donna jusqu'à la Noël 1330 pour corriger d'eux-mêmes les désordres qu'on lui avait signalés, ajoutant que, passé ce terme, si ces désordres continuaient, « il y apporterait tel remède qui serait agréable à Dieu et au peuple. ^ »
Malgré l'apparente fermeté de ses résolutions, le roi ne devait pas donner suite à ces menaces. Mais c'était déjà un fait considérable que la question eût été soulevée ainsi publiquement entre les deux juridictions. Quant au pape, il ne semble pas qu'il soit intervenu dans le débat. Il était en ce moment tout entier aux changements qui s'accomplissaient en Italie et à l'extinction du schisme. Lorsque enfin, par les événements de la péninsule et par l'abjuration de Pierre de Corbière, il se crut près de l'emporter dans la lutte engagée avec l'empereur, son principal soin fut d'affermir encore la situation du saint-siège en sévissant contre tous ceux qui, à des titres divers, avaient pris parti pour le monarque. En même temps qu'il renouvelait les sentences dont il avait frappé Louis de Bavière ^ il envoyait des ordres pour qu'on se saisît de la personne de Michel de Gésène et qu'on arrêtât avec lui Guillaume Ockam, Bonncgrâce de Bergame ^ et les autres moines franciscains qui se trouvaient à la cour de l'empereur ''. Il enjoignit également de poursuivre comme hérétiques tous ceux, quels qu'ils fussent, ecclésiastiques ou séculiers, qui avaient adhéré soit aux doctrines de Marsile de Padoue sur les rapports du saint-siège et de l'Empire, soit à celles de Michel de Gésène sur la pauvreté parfaite ^ Les
1. Rayiiald. anuo 1329, n» 75-77. — Fleury, llisl. eccles. t. XIX, p. 457-468. — Ad. Franck, Réformateurs et publicistes au moyen-âge, p. 202-207.