‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 299 sur 416 · janvier 1331. Raynald. eod. anno, n · texte numérisé non relu

janvier 1331. Raynald. eod. anno, n

divers sectaires dont les opinions se rattachaient par quelque côté aux doctrines de Michel de Césène, tels que les Fraticelles, lesBégards, les Frères de la pauvre vie, lesquels avaient été déjà l'objet des rigueurs de Jean XXII au début de son pontihcat, se virent de nouveau poursuivis en Italie, en Sicile et dans le midi de la France. Partout ordre fut donné aux inquisiteurs de procéder contre eux, non selon les formes ordinaires, mais « sommairement, sans bruit ni appareil de jug-ement », et en requérant, au besoin, l'aide du bras séculier K

Ces mesures de répression, réitérées à plusieurs reprises dans le cours de l'année 1331, se prolongèrent l'année suivante. Ceux des religieux de l'ordre de saint François qui ne s'étaient pas encore soumis furent particulièrement en butte aux ressentiments du pontife '. Dans son zèle à frapper des hommes qu'il considérait comme les plus coupables entre les ennemis du saint-siège, il alla jusqu'à oublier les ménagements qu'il devait à l'épouse de son fidèle allié, la reine de Naples; et, parce que cette princesse refusait d'abandonner aux inquisiteurs certains frères mineurs qui résidaient à sa cour, il la menaça de la dénoncer à l'animadversion des catholiques ^ Il ordonna lui-même de livrer au supplice, « pour la glorification de la foi catholique et l'honneur de Dieu, » un religieux de cet ordre qui avait reçu de l'antipape l'évèché de Crémone et avait été incarcéré à Plaisance *. Écrivant, au mois de septembre 1332, à l'évêque de Pérouse, au sujet d'un

1. Lettre circulaire à tous les inquisiteurs (Processus contra Fraticelles) du 16 février 1331, Raynald. eod. anno, n"^ 4-3. Cf. une lettre particulière aux inquisiteurs du royaume de Naplas de novembre 1331 (anno xiv, lisez anno xvi), ibid. n° 0. On avouera que si, contrairement à l'assertion de Villani (voy. ci-dessus, p. 41o), Marsile de Padoue vivait à cette époque, comme le supposent quelques érudits, le silence du pape à son égard est absolument inexplicable.

2. Voir une lettre du pape, de janvier 1332, à un prévôt de l'église de Prague. Piaynald. eod. anno, n" 30.

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