‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 301 sur 416 · Gr. Chroniques, t. V, p · texte numérisé non relu

Gr. Chroniques, t. V, p

0. Edouard III, proclamé roi le 24 janvier 1327, fut couronné le 2 février.

Je semer la division en cherchant à faire élire un roi des Romains. Il avait alors porté ses vues sur un cousin de l'empereur, Henri de Bavière, et, en décembre 1333, une convention avait été conclue entre Henri et Philippe de Valois, par laquelle celui-ci s'engageait à verser au futur souverain trois cent mille marcs pour les frais de son élection, Henri s'obligeant, de son côté, à céder à la France les territoires dont se composait l'ancien royaume d'Arles et qui étaient revendiqués par l'Empire, c'est-à-dire la vallée de la Saône et du Rhône jusqu'à la mer^ En vain Louis de Bavière avait réitéré ses démarches auprès du saint-siège pour arriver à quelque accord ^. Le pape exigeait qu'il se démît de l'Empire sans conditions; et, sur le bruit qui courut que Louis s'était décidé à abdiquer et avait, à ce prix, obtenu son absolution^, Jean écrivit aux évêques d'Allemagne que, loin de vouloir l'absoudre, il se préparait à recommencer la lutte contre lui *. On eût pu croire du moins que l'Italie, depuis le départ de Louis de Bavière, aurait joui de quoique paix. Il n'en était rien. Frédéric de Sicile, enveloppé dans les anathèmes dont avait été frappé l'empereur ^, continuait d'être en hostilité avec le roi de Naples. En Lombardie, en Toscane, ni les Gibelins, ni les Guelfes n'avaient désarmé. Une expédition qu'à deux reprises le roi de Bohème avait faite dans la Haute Italie, en se prévalant du titre de vicaire impérial qu'il avait reçu de Louis de Bavière, — expédition dans laquelle, sous apparence de concilier les partis, il n'avait cherché qu'à se créer une royauté en deçà des Alpes, — avait eu pour résultat d'accroître encore les troubles ^ Rome elle-même, qui avait

1. Leroux, Recherches siw les relations politiques de la France avec VAllemagne, p. 186, 187.

2. Christophe, Hist. de la Papauté au xiv° siècle, t. II, p. 23.

3. Sur cette prétendue abdication, que Louis démentit par une circulaire aux villes de l'Empire (Bœhmer, Fontes rer. germ. t. I, p. 143, 214), voir l'ouvrage de G. Mûller, t.I, p. 309-312, 334-336.

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