‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 317 sur 416 · Raynald. anno 1336, n · texte numérisé non relu

Raynald. anno 1336, n

4. La présence de Philippe de Valois est attestée par une lettre du pape à Louis de Bavière du 14 mai 1336. Raynald. ibid. n» 29. Cf. Guil. de Nang. Chron. cont. anno 1336. Voir Leroux, ouvr. cité, p. 191.

5. Voy. dans Bzovius, Annal, eccles. anno 1336, l'analyse d'une lettre du pape en réponse à la démarche de Louis de Bavière.

autre qui n'était pas moins clior à sa piétc. Il s'était flatté de mener à fin cette <;xpéditiun contre les Infidèles que le roi de France avait promis à Jean XXII de diriger en personne, et dont l'époque avait été fixée par ce prince au l^ï'août 133G. L'année précédente, Benoît avait adressé une encyclique à tous les évèqnes de la catholicité pour hâter la levée des décimes imposées à ce sujet par le défunt pontife K II avait également écrit à Philippe pour lui rappeler ses engagements, et l'avait pressé d'autant plus dans ses préparatifs, que le roi d'Arménie, de plus en plus menacé par les Turcs, avait un besoin urgent de secours -. Mais, à supposer que Philippe eût été sincère en ses engagements, la guerre qui était sur le point d'éclater entre la France et l'Angleterre l'eût empêché de les exécuter, et, quand il vint à Avignon, il obtint du pape d'être relevé du serment qu'il avait fait de partir à la date indiquée ^ Au reste, Benoît semblait reconnaître luimême que, dans l'état de trouble où se trouvait alors la plus grande partie de l'Occident, le moment était peu favorable à une telle entreprise *. Aussitôt qu'il vit la croisade différée, obéissant à un sentiment d'intégrité, il suspendit la levée des décimes dans toute la chrétienté et, par une bulle du mois de décembre 1336, ordonna de restituer aux églises celles qui avaient été perçues ^. En vain Philippe demanda-t-il à plusieurs reprises au pape qu'il lui permît d'employer à la guerre contre l'Angleterre les décimes prélevées dans son royaume, promettant, cette guerre une fois terminée, d'accomplir son vœu. « A l'époque où fut décidée la croisade, lui écrivit Benoît, il fut coùvenu et vous-même avez juré que l'argent recueilli pour la Terre sainte ne serait pas détourné de sa des-

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