Lettre à l'archevcque d'Aix. Raynald. anno 1337, n
La Cour de Rome. — T. II. 29
tination. L'employer aujourd'hui à verser le sang clirélion, ce serait offenser Dieu et attirer l'injure et sur vous et sur nous. Partout l'on s'écrierait que le roi de France et l'Eglise romaine s'accordent pour tromperies populations; et, si l'occasion se présentait enlin d'arracher la Terre sainte d'entre les mains des impies et que le saint-siège voulût imposer de nouvelles décimes, il ne manquerait pas de personnes qui, à votre honte et à la nuire, diraient qu'on ferait de celles-ci ce qu'on a fait d^s autres K » 11 eût été à souhaiter, pour l'honneur du saint-siège, que les papes eussent toujours montré de semhlables scrupules.
Cette guerre entre les deux plus puissants Etats de l'Occident, guerre dont les suites devaient être si longues et si funestes et qui s'annonçait alors par de premières hostihlés en Guyenne et en Flandre, allait appeler bientôt toute l'attention de Benoit. On sait comment Edouard III prétendait, du chef de sa mère, sœur de Philippe le Bel, à la couronne de France. Le désir de la paix et une prédilection naturelle pour un royaume auquel tant de liens attachaient la cour apostolique portèrent le pape à essayer d'arrêter, à sa naissance, une lutte (jui pouvait devenir fatale à Philippe de Valois; et, au mois de juin 1337, deux cardinaux furent chargés par lui de ménager une trêve entre les deux souverains 2. Mais, dans le même moment, il vit la situation s'aggraver par l'intervention de l'Allemagne. Au commencement de cette année, Louis de Bavière avait envoyé à Avignon de nouveaux ambassadeurs ^ chargés de remettre en son nom l'engagement écrit de satisfaire aux dernières conditions exigées par le pontife ^.