Leroux, ouvr. cité, p
côtés qu'elle excite des murmures et qu'on dit que c'est un fait inouï dans ce siècle de voir les princes très chrétiens do l'auguste maison de France contracter amitié avec des hérétiques et des schismatiques'. »
Dans le môme moment où Benoît essuyait cette offense du roi de France, il en recevait une autre plus grave do Louis de Bavière. Il s'agissait d'un mariage négocié par ce monarque entre l'un de ses fds, Louis, marquis de Brandehourg, et Marguerite Maultasch, comtesse de Tyrol et duchesse de Carinthie. L'empereur désirait vivement une union qui lui permettait d'ajouter deux vastes provinces à ses États héréditaires. Mais, pour qu'elle put s'accomplir, elle devait être précédée d'une sentence de divorce, Marguerite étant mariée depuis environ dix ans à un hls du roi de Bohème. En outre, comme cette princesse se trouvait parente au troisième degré du marquis de Brandebourg, une dispense lui était nécessaire pour contracter ce second mariage. C'était à l'Eglise et plus particulièrement au pape que, selon le droit en vigueur, il appartenait de trancher cette double difficulté. Louis la trancha de sa seule autorité. Il eut soin, il est vrai, de consulter des juristes qui prouvèrent en des écrits que les questions de mariage devaient être retirées à l'Eglise et relever, comme autrefois, du pouvoir séculier^ Conformément à cette doctrine, il rendit deux décrets par lesquels, se prévalant de l'exemple des anciens empereurs, il prononça le divorce de Marguerite et donna dispense aux deux futurs conjoints ^ Il célébra ensuite le mariage avec pompe ''. C'était à la fois faire injure