‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 330 sur 416 · mai · texte numérisé non relu

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de Bourbon et de Bourgogne, Humbert, dauphin du Viennois, qui devait donner ses Etats à la France, et une foule de barons, il éblouit tous les yeux par la richesse et l'éclat de sa tiare que surmontait un diamant semblable à une flamme \ Avec lui la cour d'Avignon reçut un nouvel aspect. Le luxe, la magnificence y remplacèrent la simplicité qu'avait gardée Benoît. Il donna des fêtes auxquelles les dames furent admises longtemps avant qu'elles vinssent briller à la cour de France. Avignon lui dut l'agrandissement et les peintures de son palais pontifical et le comniL'ncement de sa belle ceinture de remparts ^. Il fut, à certains égards, un précurseur de ces papes du quinzième siècle qui préparèrent la Renaissance. Éloquent, lettré ^ il aimait à invoquer les souvenirs de l'antiquité païenne, et, à propos des solliciteurs qui se présentaient à lui, répétait souvent ce mot emprunté à un empereur romain: « Personne ne doit se retirer mécontent de la présence du prince "*. »

Aimant à ce point les plaisirs et la magnificence, le successeur de Benoît devait être peu désireux de quitter Avignon pour aller en Italie affronter le trouble des partis. La question du retour à Rome se posa toutefois au début de son pontificat, comme elle s'était posée au commencement de celui de Benoît. Aussitôt que fut connue au delà des Alpes l'élection de Clément VI, les Romains lui envoyèrent une ambassade pour lui oiTrir la dignité sénatoriale, — qu'ils déféraient, disaient-ils, « non au pape, mais au seigneur Roger, » — et le prier de ramener le saint-siège à Rome. Cette ambassade, plus solennelle que celle qui avait été adressée à son prédécesseur, se composait de dix-huit députés pris dans la noblesse, la haute bourgeoisie et le menu peuple, et parmi

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