‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 339 sur 416 · l"aont 1343. Raynald. eod. anno, n · texte numérisé non relu

l"aont 1343. Raynald. eod. anno, n

2. Charles, appelé à Avignon par des lettres du pape de novembre 1343 (Raynald. anno 1343, n» 60), paraît ne s'y être rendu qu'au mois de février 1344; il quitta cette ville en avril. Nul doute qu'un premier accord ne fût alors intervenu au sujet de la couronne impériale.

3. Joh. Vitodur., apud Eccard, script, germ. t. I, p. 1910. La première ambassade de Louis avait eu lieu en octobre 1344, en même temps qu'une ambassade des princes venant notilier les décisions de la diète. La seconde et dernière ambassade de Louis repartit d'Avignon vers la Pentecôte 1345. Voy. MuUer, ibid. t. II. p. 208, 209. Sur la fin de cette même année 1345, le duc Albert d'Autriche fit encore et sans succès une démarche auprès du pape pour qu'il modifiât les conditions imposées à l'empereur. Raynald. anno 1346, n" 1.

4. (Christophe, Hist. de la papauté au xiv' siècle, t. II, p. 103, 104.

conde bulle par laquelle, après avoir confirmé toutes les sentences dont il avait été frappé, il le déclarait déchu de la dignité impériale, déliait ses vassaux et ses sujets de leur fidélité, et ordonnait aux électeurs de procéder sans délai au choix d'un nouveau roi des Romains, menaçant, à leur défaut, d'y procéder lui-même en vertu de son autorité apostolique*. Quelques jours après, Charles de Luxembourg, revenu à la cour d'Avignon, signait, en présence du pape et de douze cardinaux, un acte par lequel il s'engageait, s'il était élu, non seulement à ratifier, conformément aux traditions, les plus anciennes donations faites au saint-siège par les empereurs, mais à protéger la personne du pontife contre les entreprises do Louis de Bavière et à casser tous les édits rendus par ce monarque au détriment des droits apostoliques 2, L'ambition le conduisait ainsi à replacer l'Empire, à l'égard du saint-siège, dans la dépendance dont Louis l'avait affranchi huit ans auparavant. Le 20 juillet, Charles était enfin proclamé roi des Romains par ceux des électeurs dont Clément s'était assuré le concours, et, trois mois après, le pape délivrait aux ambassadeurs de ce prince une bulle qui confirmait son élection \ Mais « l'empereur des prêtres », comme on l'appelait, avait contre lui le sentiment des populations, sentiment qui s'était manifesté dans une seconde diète convoquée par Louis de Bavière au lendemain de cette élection ^, et Charles devait conquérir un pouvoir dont il ne possédait encore que le titre. Le pape avait lui-môme exigé de ce prince l'engagement de poursuivre par les armes

1. Raynald. anno 1346, n» 3-8. Cf. deux lettres du papo, l'une de janvier de cette année aux prélats de la chrétienté, et l'autre d'avril aux électeurs allemands. Ibid. n<" 1; 9-11.

2. 22 avril 1346. Raynald. et)d. anno, n" 19-24. Cf. ibid. n» 25-28.

3. 6 novembre 1346. Raynald. eod. anno, n» 34-37. On sait que Charles prit part à la bataille de Grécy (27 août 1346), où son père, le l'oi de Bohème, perdit la vie. C'est ce qui explique l'intervalle écoulé entre son élection et l'envoi d'une ambassade au pape pour la lai notifier.

4. (( Convocatis civitatibus Spirae, ipsos concorditer reperit in sua devotione ferventes. « Albert. Argent,, Chron. p. 139. Cette diète eut lieu en septembre 1346.

l'ennemi de l'Église romaine \ et l'Allemagne fut de nouveau jetée dans la guerre civile.

Il était plus facile à Clément de soulever la guerre en Allemagne, que d'en empêcher le retour entre la France et l'Angleterre. Dès l'année précédente, et bien (jue la trêve conclue sous ses auspices ne fût pas expirée, les hostilités s'étaient rallumées. C'était inutilement qu'il avait délégué des cardinaux vers le roi d'Angleterre et Philippe de Valois pour les rappeler à l'observation de la trêve ^ Vainement aussi, dans des lettres à Kdouard, s'était-il efforcé d'émouvoir sa piété et d'intéresser sa gloire en l'exhortant à tourner ses armes contre les Infidèles ^ Victorieux de son adversaire en Bretagne et en Guyenne, Edouard était d'autant moins disposé à s'arrêter dans ses progrès, qu'il n'ignorait pas la partialité de Clément pour Philippe de Valois. Cette partialité était telle, que, tout en reprochant publiquement aux deux rois de lever des contributions sur le clergé pour subvenir aux frais de leurs armements ^, il soutenait en secret Philippe avec les ressources du trésor apostolique ^ Au contraire de Benoît, qui, malgré sa prédilection pour Philippe, n'oubliait pas qu'il était le pasteur commun des fidèles. Clémont ne semblait écouter que son amitié particulière pour la Franco. Benoît, dans une lettre adressée jadis à l'archevêque de Cologne, avait dit « que jamais il n'abandonnerait la France, parce que jamais la France n'avait abandonné l'Eglise ^. » Clément, écrivant alors à Jeanne, épouse de Philippe : « Nous sommes français par la naissance, lui mandait-il, et nous souffrons de tous les maux qu'on fait à la

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