‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 340 sur 416 · Ravnald. anno 1338, n · texte numérisé non relu

Ravnald. anno 1338, n

France ^ « Parole mémorable et qu'on ne .saurail Irop louer, si le devoir du chef de l'Eglise n'eût pas été d'abord de s'élever au-dessus des querelles des rois et de chercher à pacifier les peuples. Malgré tant de motifs qui animaient ses efforts, il ne put empêcher la guerre de se poursuivre, et, un mois après l'élection de Charles de Luxembourg, le 29 août, avait lieu cette désastreuse bataille de Crécy, dans laquelle Philippe fut défait malgré la supériorité du nombre, et qui allait commencer pour la France une suite non interrompue de revers.

Le pape, qui jusqu'au dernier moment s'était interposé entre les deux rois ''-, s'interposa encore au lendemain de cette fatale journée. De nouveau il manda à ses légats d'agir auprès de l'un et de l'autre souverain pour les porter à la paix. Mais Edouard, qui, ayant su vaincre, voulait profiter de la victoire, et qui s'était aussitôt dirigé sur Calais, refusa de recevoir les envoyés du saint-siège. Clément ne laissa pas de lui adresser les lettres les plus vives, dans lesquelles, lui représentant tous les maux de cette funeste guerre, il le conjurait d'y mettre un terme ^ Il écrivit également à la mère d'Edouard, aux reines de France et d'Angleterre, aux seigneurs et aux dames nobles des deux royaumes, les pressant d'unir leurs efforts à ceux des cardinaux ^. Edouard ne voulut se prêter à aucune négociation avant de s'être emparé de Calais. Quand enQn, après un long siège, il se fut rendu maître de la ville '", il consentit à traiter. Encore le pontife ne réussit-il à obtenir \{u'uno trêve dérisoire de dix mois, qui, signée le 28 septembre 1347, devait se prolonger jusqu'au mois de juin de l'année suivante ^ Mais, pour être suspendue, la guerre n'en continua pas moins sous une autre forme.

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