‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 35 sur 416 · Ilist. dipl. t. 111, p · texte numérisé non relu

Ilist. dipl. t. 111, p

prit tout d'un couple conflit ainsi engage, il fut visible qu'il suffisait d'un événement pour ramener les luttes qui avaient agité le pontificat d'Innocent III et qu'elles n'avaient été que suspendues sous celui d'IIonorius. Frédéric répondit d'abord à l'encyclique du 10 octobre par une circulaire où, se plaignant que le pape cherchât à lui aliéner les peuples, au risque d'ébranler un Empire « destiné par Dieu à la défense de la foi )), il s'efforçait de justifier sa conduite antérieure au sujet de la croisade. Il rappelait comment, lors de son élévation à l'Empire, il s'était de son propre mouvement croisé contre les Infidèles; que, si les circonstances l'avaient obligé plusieurs fois de différer son expédition outre-mer, il s'était néanmoins embarqué à la dernière date fixée par le saintsiège, et qu'un mal funeste, dont ne témoignait que trop la perte d'une partie de son armée, avait été la seule cause de son retour. Il ajoutait que la sentence inique dont l'avait frappé le pontife ne l'empêcherait pas de persister dans son dessein de recouvrer la Terre sainte, qu'il partirait irrévocablement au mois de mai prochain, et il invitait tous les chréà se joindre à lui pour le service de Dieu K

Cette circulaire habile, dans laquelle Frédéric paraissait mettre au-dessus de ses ressentiments particuliers les intérêts de la Terre sainte, fut envoyée par lui à toutes les villes d'Italie et à Rome même, où, malgré la présence du pape revenu alors au palais de Latran, il sut obtenir du sénateur qu'elle fût lue publiquement auCapitolo '. 11 ne se borna pas à cette déclaration. Portant plus haut le débat, il adressa aux souverains de l'Europe un manifeste où, accusant à son tour l'Eglise romaine, il dénonçait, avec son désir inconsidéré du pouvoir, l'abus qu'elle faisait de ses prérogatives. « Les biens ecclésiastiques ne suffisent plus à son avidité, disait-il; elle veut encore dépouiller les princes souverains et se les rendre tributaires. N'a-t-on pas vu le roi Jean d'Angleterre persécuté

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