Rymer, Fœdera, t. III, pars I, p
Profitant du désarroi du royaume, des bandes d'aventuriers, qui appartenaient à l'une et l'autre année et s'étaient formées en « compagnies » sous des chefs de leur choix, se mirent à parcourir et piller les provinces *; et, de nouveaux revers s'ajoutant bientôt à ces désordres, la Franco ne tarda pas à devenir [>our les j)apes un séjour aussi troublé que l'était l'Italie.
Tandis que ces malheurs s'abattaient sur la France et que la guerre civile s'allumait en Allemagne, des changements extraordinaires s'accomplissaient à Rome. Déchirée de plus en plus par les factions, la capitale du monde chrétien, qu'au lendemain de la mort de Clément V le cardinal Napoléon des Ursins disait déjà presque à demi détruite, était alors devenue la proie de quelques nobles qui se disputaient ses ruines. Les sénateurs que nommait la cour pontificale, loin de pouvoir réprimer ces excès, en étaient plus d'une fois les complices. Un homme se trouva, qui résolut de délivrer Rome de l'oppression et de lui rendre sa grandeur passée. Il s'appelait Nicolas Rienzi. D'une extraction obscure avec un savoir au-dessus de sa naissance et l'imagination remplie des souvenirs de l'antiquité, d'une figure belle, hardi, passionné, éloquent, il avait tous les dons qui séduisent la multitude. En 1343, déjà connu de ses concitoyens, il était allé vers le pape, au nom de quelques notables de Rome, pour le supplier de nouveau et sans succès de reporter le saint-siège en Italie ^ Il lui avait dépeint l'état malheureux de la ville et