‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 342 sur 416 · Froissart, éd. Luce. t. IV, p. 67 et ss · texte numérisé non relu

Froissart, éd. Luce. t. IV, p. 67 et ss

2. Ces notables étaient les treize rm pi'obi qui étaient chargés de l'administration particulière des treize quartiers de Rome. Quelques historiens (entre autres Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p. 264) ont cru que ces notables avaient été portés au pouvoir en 1343 à la suite d'un mouvement populaire et qu'ils avaient chargé Rienzi de notifier cet événement au pape. Mais le fait semble douteux par la raison qu'en 1335, sous Benoît XII (Christophe, Hist. de la ■papauté au xiv» siècle, t. II, p. 471-473), et, en 1331 et 1352, sous Clément lui-même (Gregorovius, iUd. p. 381, 3S2 — Theiner, Cod, dipl. dom. temp., t. II, no 224), on voit l'administration de ces viri probi et celle des sénateurs exister simultanément. Si, comme on a quelques motifs de le supposer, ces deux administrations fonctionnaient à côté

la tyrannie que les nobles y faisaient peser sur le peuple *. Son zèle, son éloquence avaient du moins intéressé Clément, qui l'avait recommandé, par une lettre, à la protection des magistrats de la cité 2. De retour en Italie, il s'était préparé à entreprendre lui-même une œuvre à laquelle le pontife refusait de concourir par sa présence. S'adressant de préférence aux bourgeois et aux marchands, les entretenant de ses projets libérateurs, leur rappelant, tantôt par ses discours, tantôt au moyen de peintures allégoriques qu'il exposait à leurs yeux, les anciennes gloires de Rome, il était parvenu à se créer de nombreux partisans, quand, au mois de mai 1347, à la suite d'une réunion populaire au Capitule où il avait proposé des mesures énergiques pour rétablir « le bon état, » il fut élu par acclamation au gouvernement de la cité. Les nobles ayant tenté de s'opposer à une élection qui contrariait leurs desseins, le peuple prit les armes pour défendre le chef qu'il s'était donné, et Rienzi se vit, selon ses vœux, le maître de Rome ^

Ce fut sous le titre inusité de « tribun », qui, plus que celui de sénateur, semblait le rapprocher du peuple, que Rienzi inaugura son pouvoir. Il y joignit les qualifications de « clément, » do « sévère, » de « libérateur. » Ses actes justifièrent d'abord ces qualifications. En même temps que, pour assurer son autorité, il s'emparait des impôts et réorganisait les milices, il exerça partout une justice rigoureuse, poursuivit les crimes, quels qu'en fussent les auteurs, et con-

l'une de l'autre, il n'est pas impossible que Rienzi, avec les sentiments qui l'animaient, eût lui-même sollicité de ces treize '( prud'hommes >> d'aller en leur nom renouveler au pape la prière de venir à Rome. G. Villani, 1. XII, c. 29, dit positivement que c'était le but de son voyage à Avignon.

1. « Super reformalione status urbis et liberatione populi a potentum oppressionibus prudenter et eleganter proposuit. » Lettre du pape du 13 août 1343. Theiner, Cod. dipl. dom. temp.. t. II, p, 119.

2. Voy, la lettre du pape mentionnée ci-dessus. Au mois d'avril 1344, Piienzi étant encore à Avignon, Clément lui donna une autre marque de sa bienveillance en lui conférant l'office de notaire apostolique à Rome. Theiner, ibid., p. 141.

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