Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p. 284 et ss
La Cour de Rome. T. II 3t
traignit à robcissancc les nobles aussi bien que les simples citoyens. Le seigneur de Yiterbe, Jean de Vico, ayant voulu résister aux nouvelles lois, il le força par les armes à venir jurer, en présence du peuple, une entière soumission; et, pour la première fois, depuis que les partis avaient commencé de s'entre-déchirer, la sécurité régna dans Rome et autour de Rome. De si prompts et de si beureux cbangements étendirent en un moment le nom de Rienzi dans toute la péninsule et jusque par delà les Alpes. Luccbino Visconti, seigneur de Milan ', et, à son exemple, Gênes, Venise, Florence, Sienne, lui envoyèrent des ambassadeurs. Les villes de l'État ecclésiastique députèrent également vers lui et sollicitèrent son appui. Pétrarque l'exalla dans des vers, le comparant à Brutus, à Camille-. Clément lui-même l'encouragea dans ses efforts réparateurs, et, en vertu de ce semblant de souveraineté que les Romains reconnaissaient encore au chef de l'Eglise, le confirma, sinon dans le titre de tribun qu'il s'était attribué, du moins dans les fonctions dont le peuple l'avait investi ^
Jusqu'ici les insurrections romaines n'avaient guère dépassé les murs de la cité. Rienzi résolut d'étendre à l'Italie entière son (cuvre de réparation. Proscrivant les noms de Guelfes et do Gibelins qui ne rappelaient, disait-il que des images de haine et de meurtre, il voulut réunir les Etats et les villes de la péninsule dans une confédération dont Rome serait tout enst mbie la capitale et le centre, et convoqua, à cet effet, un congrès de toutes les villes italiennes. Par cette idée que nul avant lui n'avait conçue, il offrait à l'Italie un moyen de se donner une unité dont les Guelfes avaient vainement cherché la réalisation avec les papes et les Gibelins avec les empereurs Dans l'état de faiblesse où se trouvaient
1. Lucchino Visconti avait succédé à son ueveu Azzo, mort au mois d'août 1339.
2. Gregorovius, Sioria di Roma, t. VI, p. 302. — Gliiistophe, Hist. de la papauté au XIV" siècle, t. II, p. 165-111.