Juin 1347. Theiner, Cod. dipl. dom. temp. t. II, p
alors le saint-siège et l'Empire, Rienzi, soutenu à la fois de l'ascendant qu'il avait su conquérir et du prestige que le nom de Rome exerçait encore sur les imaginations, eût peut-être conduit à lin son entreprise, si aux vues du novateur il eût joint la prudence du politique. Mais il n'était qu'un enthousiaste. L'esprit hanté par les souvenirs de l'ancienne République romaine, il prétendit restituer à Rome son antique suprématie, et annula par un édit toutes les donations de territoires faites au sainl-siège par les empereurs, alléguant qu'elles l'avaient été au détriment des droits du peuple romain de qui seul elles pouvaient émaner '. C'était remettre en question la puissance temporelle des papes et s'aliéner Clément qu'il eût dû ménager. Aux imprudences politiques il ajouta, dans l'enivrement causé par sa rapide fortune, les extravagances de l'orgueil. Le congrès qu'il avait convoqué dégénéra en une vaine représentation où, dans un appareil extraordinaire, il se fit armer chevalier ^ Ce même jour, il proclamait libres, par -un décret, toutes les villes d'Italie, et, en vertu du droit exclusif que le peuple romain avait, disaitil, de décerner l'Empire, citait à son tribunal Louis de Bavière et Charles de Luxembourg avec tous les électeurs. Les qualifications qu'il s'était attribuées ne suffisant pas à sa vanité, il prit celles de « tribun auguste », de « zélateur de l'Italie », d' « ami do l'univers. » Il fit battre monnaie à son effigie, rêva de fonder un Empire italien, et nul doute qu'il ne pensât à se faire nommer lui-même empereur. Perdant bientôt toute mesure, après avoir été un justicier sévère, il tomba dans l'arbitraire et éloigna de lui, par ses actes de despotisme, ses plus zélés partisans \ Le pape, dont il méconnaissait les droits et qui n'avait pas tardé à s'alarmer, se décida enfin à le frapper des foudres ecclésiastiques et menaça les Romains de mettre leur ville en interdit, s'ils ne le chas-