et 2 août
3. Pour tous ces faits, voir GregoroTius, Storia di Roma, t. VI, p. 313 et ss.
saient de leurs murs '. Encouragés par cette sentence, les nobles se soulevèrent contre le tribun, et, après liuit mois de pouvoir, Rienzi, que le peuple lui-même avait abandonné, dut quitter en fugitif cette ville de Rome, dont il avait voulu un moment ressusciter les gloires ^.
Par un singulier concours do circonstances, dans le temps même que Clément se voyait menacé de perdre toute autorité sur Rome, des événements survenus à Naples lui procuraient la souveraineté d'Avignon. L'époux de Jeanne de Naples, André, à la suite d'un complot ourdi dans l'entourage de la reine, avait été attiré la nuit liors do la chambre royale et assassiné. Aussitôt que cet attentat, dont les auteurs étaient encore inconnus, avait été appris à Avignon, Clément, en sa double qualité de pontife et de suzerain, après avoir lancé les anathèmes de l'Eglise sur les meurtriers, avait envoyé à Naples le cardinal Bertrand de Deux avec ordre de les rechercher et de les poursuivre sans merci ^ Ce cardinal n'ayant pu s'acquitter de son mandat en raison des obstacles qui lui furent suscités par les seigneurs de la cour*, le pape avait chargé de cette mission le grand justicier du royaume, qui, plus hardi, réussit à l'accomplir. Les supplices les plus cruels furent infligés à ceux qu'on regardait comme les auteurs ouïes complices du crime ^ Mais la voix publique accusait Jeanne elle-même d'avoir ordonné la mort de son mari, accusation que ne légitimait que trop le désordre de ses mœurs. Ce bruit était arrivé jusqu'au pontife qui, craignant une révolte dans le royaume, avait prescrit de tenir secrètes
1. Voir dans Theiner, Cod. cUpl. dom. temp., t. II, p. 181-189, les lettres du pape d'août à décembre 1347.
2. Après avoir été s'enfermer d'abord au château Saint-Ange le 15 décembre 1347, il se réfugia à Givita-Vecchia, puis, ayant pu rentrer au château Saint-Ange, il le quitta de nouveau au commencement de mars 1348 pour aller chercher un asile dans le royaume de Naples. Gregorovius, ibid. p. 367.