‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 352 sur 416 · Froissart, éd. Luce, t, IV. p · texte numérisé non relu

Froissart, éd. Luce, t, IV. p

3. Baluze, Vitx, t. I, p. l>33. Cf. Raynald. anno 1350, n" 6.

armes les domaines ainsi enlevés au saint-siège. Les offrandes nombreuses que, durant le Jubilé, les lidèles avaient faites aux églises avaient enrichi le trésor apostolique. Il leva, avec cet argent, une armée en Provence, et chargea Hector de Durfort, son parent, qu'il avait créé à dessein comte de Romagne, de la conduire en Italie.

En apparence, cette expédition était dirigée uniquement contre le seigneur de Faenza, dont la cour d'Avignon prétendait avoir particulièrement à se plaindre; en réalité, Durfort avait l'ordre d'attaquer tous les tyrans. Après s'être rendu dans les villes guelfes de Florence et do Pérouse et y avoir levé à sa solde de nouvelles troupes, il s'avança vers la Romagne, et, tout en paraissant menacer Faenza, marcha droit sur Bologne, qu'occupait Jean de Pepoli et qu'il faillit surprendre K Mais il se vit arrêté, dès le début, par Jean Visconti, archevêque de Milan, qui venait de succéder à son frère Lucchino dans la seigneurie de cette cité 2. Dominant sur seize des plus grandes villes de la Lombardie, Jean Visconti, par suite des événements qui avaient affaibli le royaume de Naples, se trouvait alors le seigneur le plus puissant de l'Italie. Jean de Pepoli, jugeant qu'il ne pourrait résister à l'armée pontilicale, céda, pour deux cent mille florins d'or, Bologne à l'archevêque, qui envoya aussitôt l'un de ses neveux, Bernabo, en prendre possession. Par une bulle du mois de novembre 1350, Clément ordonna au prélat, sous peine d'anathème, de restituer une ville qui appartenait au saint-siège et le cita à comparaître ^ Comme l'évêque de Padoue, chargé par le pape de signifier cette sommation, représentait à Jean Visconti que ce mélange qu'il faisait du sacré et du profane ne pouvait être toléré et qu'il lui fallait opter entre sa dignité archiépiscopale et sa seigneurie temporelle, Jean, saisissant d'une main sa crosse et de l'autre une

1. Christophe, lUst. de la papauté au A'/F» siècle, t. II, p. 206-209.

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