Raynald. anno 1350, n
épée nue : « Allez dire au pape, répondit-il, qu'avec l'une je saurai défendre l'autre ^ «Il aurait pu répondre plus justement qu'on ne le pouvait blâmer de prendre exemple sur le pontife, qui prétendait, lui aussi, être tout ensemble évoque et roi. En vain, au mois de février de l'année suivante, Clément réitéra ses menaces et lança l'interdit sur la ville do Milan*. Jean Visconti s'opiniâtrantdans sa résistance, le pape, résolu à le soumettre, enjoignit à l'évèque do Padoue de faire appel à toutes les villes guelfes et de les réunir dans une ligue contre lui.
C'était renouveler l'entreprise que Jean XXII avait autrefois tentée en Italie. A la vérité, les villes guelfes ne répondirent que faiblement à l'appel qui leur était adressé, et le ponlife dut bientôt abandonner l'espoir qu'il avait fondé sur leur concours ^. Si, dans les moyens de revendiquer ses droits temporels, Clément semblait suivre l'exemple de Jean XXII, il ne l'imitait pas moins dans les clioses spirituelles, et cherchait avant tout, comme lui, le pouvoir dans la religion, ainsi qu'il l'avait montré par sa lettre à Jean Paléologue sur l'union des deux Églises. Il le montra plus encore par une autre lettre qu'il écrivit alors au patriarche d'Arménie. Sans cesse aux prises avec les Turcs, les Arméniens, en ces derniers temps, avaient de nouveau sollicité des secours de la cour d'Avignon. Mais, de même que les Grecs, ils avaient le tort, aux yeux du saint-siège, de professer, sur les matières de foi, des doctrines qui différaient en plusieurs points de celles de l'Église romaine. Agissant envers eux comme il avait agi envers les Grecs, Clément leur représenta qu'avant de les défendre contre leurs ennemis, il importait de les délivrer de leurs erreurs *, et, au mois do septembre 1331, il
1. Murât. Aiuvd. d'ital., anno 1351. Jean Visconti se fit peindre lui-même, dans la chapelle de l'archevêché qu'il avait bâtie, tenant à la fois la croix et IV'pée. Sismondi, Hisf. des républ. ital., t. IV, p. 120, note 1.