‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 359 sur 416 · Balnze, Vitœ, t. I, p. 343. — M. Villani, loc. cit · texte numérisé non relu

Balnze, Vitœ, t. I, p. 343. — M. Villani, loc. cit

4. (( Valetudinarius.. inmo et senio confractus. » Baluze, loc. cit.

802 LIVRB DIXIÈME

aux désirs de ceux qui l'avaient élu pour ses mérites. Aussitôt après son couronnement, qui fut célébré sans pompe, il bannit de la cour pontificale le luxe qu'y avait introduit Clément VI, réduisit les dépenses, diminua le nombre des officiers, s'efforça de ramener les membres du sacré collège à une vie plus sévère K II osa môme casser le règlement qui avait été juré dans le conclave, croyant ainsi mettre un frein aux prétentions ambitieuses ou à l'avidité des cardinaux. Par une bulle du 30 juin 1353, il déclara que ce règlement portait préjudice à la plénitude de puissance que le cbef de l'Église avait reçue de Dieu, et qu'en conséquence ni lui, ni ses successeurs n'étaient tenus de l'observer^. Étendant plus loin ses vues de réforme, il supprima nombre de réserves et de commendes, interdit le cumul des bénéfices, renvoya dans leurs églises la foule de prélats qui se trouvaient à Avignon et menaça d'excommunication ceux qui manqueraient au devoir de la résidence^ Il s'occupa aussi de diminuer le coût des procès soutenus en la cbambre apostolique et abolit de honteux trafics auxquels se livraient les officiers de la pénitencerie "*. C'était reprendre, à certains égards, l'œuvre de Benoît XII. Il est vrai que ces louables efforts ne devaient pas avoir plus de résultats. Encore Innocent ne porta-t-il guère son attention que sur les abus de la cour d'Avignon, sans chercher, comme avait fait Benoît, à corriger les mœurs du clergé. Il semblait que la papauté, sentant son impuissance, abandonnât elle-même la direction morale de l'Église.

Ami de la France comme ses prédécesseurs, Innocent, quelques mois après son élévation au saint-siège, avait renoué les négociations engagées par le défunt pontife en vue d'amener la paix entre Edouard et le roi Jean. Il avait même

Page 1