janvier 1355. Eaynald. eod. anno, n
3. Raynald. ibid. On sait que les trois neveux de Jean Visconti, en se partageant ses États, avaient fait exception pour Milan qu'ils gardèrent indivis. Il est superilu d'ajouter que c'était par leur influence que leur parent, Robert, avait été fait archevêque.
s'arrêta dans les villes où il passait, et il se hâta vers Rome, dit un contemporain, « comme un marchand pressé d'aller à la foire ^ »
Le 5 avril 13oo, moins de trois mois après son départ de Milan, Charles, suivi de cinq mille cavaliers allemands, auxquels s'étaient joints, comme escorte d'iionneur, dix mille cavaliers italiens, faisait son entrée à Rome. Ce même jour, après avoir renouvelé envers le saint-siège le serment qu'il avait jadis prêté à Avignon en présence de Clément VI, et dont l'un des articles était qu'une fois couronné il s'éloignerait de Rome aussitôt, il reçut solennellement, de la main d'un cardinal délégué par le pape, le diadème impérial dans l'église Saint-Pierre. La cérémonie achevée, il traversa en pompe les rues de la ville, et, fidèle à son serment, quitta Rome le soir même-. Ce fut en vain que les Romains, lui représentant les droits de l'Empire, lui demandèrent de prolonger son séjour. Il les rappela à l'obéissance qu'ils devaient eux-mêmes au chef de l'Église ^. Telle était son apparente condescendance pour le pontife, que, pendant le temps qu'il resta en Italie, loin de favoriser les Gibelins, il n'accorda guère qu'aux Guelfes des grâces et dos privilèges. 11 mécontenta à ce point les Gibelins, que, lorsqu'il regagna la Lombardie pour retourner en Allemagne, toutes les villes lui fermèrent leurs portes-^. Pétrarque, qui avait accueilli l'arrivée de Charles comme autrefois Dante avait accueilli celle de Henri VII, et qui en espérait d'heureux effets pour le sort de l'Italie, exhala, dans des lettres rendues publiques, son indignation contre cet empereur « dégénéré » qui avait franchi les Alpes dans le seul but de venir se parer d'une couronne ^; et l'on peut dire qu'à partir de ce moment l'Italie, que la stérile expédition de Louis de Bavière avait déjà visiblement détachée de l'Allemagne, fut perdue pour l'Empire.
1. M. Villani. 1. IV, c. 39. — Zeller, Hist. d'Allem. t. VI, p. 366, 367.