Gregorovius, ibid. p
o. Petrarch. Famil. XVIII, ep. 12.
Dans son désir de complaire au saint-siège auquel il devait le diadème, Charles ne s'était pas seulement abstenu de tout concert avec les Gibelins; avant d'aller se faire couronner à Rome, il avait promis au cardinal Albornoz de l'aider « en personne ^ » dans la guerre qu'il soutenait contre les usurpateurs du domaine apostolique. Innocent, qui ne s'attendait pas à de telles preuves de zèle, l'en avait remercié en termes exagérés. « Votre piété, lui avait-il écrit, votre sûr attachement à l'Église, dont vous donnez un si éclatant témoignage, nous remplit d'allégresse, et nous ne cessons de rendre grâces au Créateur qui vous inspire ces nobles sentiments^. » Il est vrai que Charles n'exécuta pas sa promesse et qu'il se contenta d'envoyer au cardinal cinq cents cavaliers allemands. Ce monarque, si dévoué en apparence au saintsiège, réservait au pontife une autre surprise. Retourné en Allemagne, il réunit une diète à Nuremberg, à la suite de laquelle il publiait, le 10 janvier 1356, ce célèbre édit qui, révisé au mois de novembre suivant, dans une seconde diète à Metz, et augmenté de certains articles, est connu sous le nom de Bulle d'or^. Par cet édit, il fixait le mode d'élection à l'Empire, les droits elles préséances des électeurs, questions qui avaient souvent donné lieu à des conflits et que n'avait réglées jusqu'ici aucune constitution. Dans cet acte, il ne disait rien de la confirmation de l'élu par l'Eglise romaine et ne faisait aucune mention de l'intervention du pape, qui n'était pas même nommé. Il y a plus; s'abstenant de toute allusion au prétendu droit du saint-siège d'administrer l'Empire durant la vacance, il établissait que, dans ce cas, le gouvernement appartiendrait pour le Nord au duc de Saxe et pour le Sud au comte palatin du Rhin ^. Bien que, par son silence,
\. (( In persona propria. »