‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 364 sur 416 · Février 13o5. Raynald. eod. anno, n · texte numérisé non relu

Février 13o5. Raynald. eod. anno, n

3. Cet édit, ainsi au,£;menté, fut publié de nouveau le 25 décembre 1356.

4. Sur ce célèbre édit, voy. Zeller, Hist. d'Allem. t. VI, p. 384-392. Il est inutile de dire qu'il s'agit ici du duc de Saxe-Wittenberg, qui avait soutenu Cliarles lors de son élection comme roi des Romains, et non du duc de Saxe-Lauenbourg qui l'avait combattu.

Charles laissât la voie ouverte à lui et à ses successeurs pour invoquer au besoin le concours du chef de l'Eglise, cet édit n'en était pas moins, d'une manière détournée, la négation des droits que s'était attribués la cour de Rome sur les affaires de l'Empire et une adhésion aux principes soutenus par Louis de Bavière. Innocent ne protesta pas toutefois contre l'édit *. Outre qu'il lui eût été difiicile de réclamer des droits qui n'étaient pas directement attaqués, la papauté était alors trop faible pour qu'une telle protestation fût suivie d'effet; et la Bulle d'or demeura, avec les constitutions de Louis do Bavière, — constitutions que Charles, malgré ses engagements, n'avait pas abrogées, — comme la charte qui établissait définitivement l'indépendance de l'Empire.

Dans l'année où était publié cet édit, le 19 septembre 13S6, avait lieu la bataille de Poitiers, dans laquelle le roi Jean, malgré sa valeur, était fait prisonnier par les Anglais, et plus désastreuse pour la France que n'avait été celle de Crécy. Peu de temps auparavant, Innocent avait chargé deux cardinaux de tenter encore une fois les voies de conciliation^. Les légats s'étaient rendus sur le théâtre de la guerre, et, jusqu'au moment même de l'action, l'on avait vu l'un d'eux, le cardinal de Talleyrand, passant d'un camp à l'autre, s'adresser tantôt au prince de Galles qui commandait l'armée anglaise, tantôt au roi Jean, et les supplier en vain de consentir à un accommodement. Il avait trouvé chez les Français encore plus d'obstination que chez les Anglais ^ A la nouvelle d'une défaite qui laissait la France ouverte et sans défense, le pape écrivit aussitôt à Edouard et, dans les termes les plus vifs, l'exhorta à la clémence, à la paix ^. Il écrivit également à l'empereur et le conjura de s'interposer entre les deux souverains. « Le malheur du roi Jean nous a

1. Au dire de quelques historiens, le pape aurait protesté contre la Bulle d'or; mais les documents ne paraissent pas justifier cette assertion.

2. Voir la lettre de légation de juin 1356. Raynald. eod. anno, n" 1-4.

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