Murât. Annal. d'Ital. anno
une plus longue résistance. Après les avoir frappés d'une sentence par laquelle, selon les principes établis à la cour d'Avignon, il les avait déclarés rebelles au saint-siège et, comme tels, coupables d'hérésie, le cardinal avait fait prêcher contre eux une croisade, et attiré ainsi sous ses drapeaux de nouvelles bandes d'aventuriers K Plus d'une année lui fut néanmoms nécessaire pour triompher de ces derniers adversaires. Faenza se rendit la première; Césène, malgré une défense opiniâtre, capitula à son tour, et, au mois d'août 1357, Albornoz avait enfin recouvré tout le domaine ecclésiastique, à l'exception de Forli,que tenait encore Ordelaffi, et de Bologne que Clément VI avait pour un temps abandonnée aux Visconti 2. Laissant alors l'abbé de Gluny, envoyé à sa place par le pontife, entreprendre le siège de Forli, il revint à Avignon \ Son retour dans cette ville ressembla à un triomphe. Le pape et tout le sacré collège se portèrent au devant de lui jusqu'à une distance de deux mille pas et le conduisirent ensuite au palais pontifical. Innocent le félicita solennellement de ses victoires et le proclama Père de l'Église \ C'était à un cardinal qui avait reconquis par les armes les domaines du saint-siège qu'était décerné ce titre illustre et vénéré. La papauté ne pouvait donner une preuve plus sensible de sa faiblesse et de son abaissement.
Si contraire que fût aux pures doctrines de l'Église la mission confiée au cardinal Albornoz, ses victoires n'auraient pas laissé de produire quelque bienfait, si elles eussent été pour la malheureuse Italie un commencement de pacification. Rome, il est vrai, semblait soumise, et, depuis la mort de Rienzi, elle avait reçu de la main d'Albornoz de nouveaux
1. M. Villani, I. VI. c. 14. — Fragm. hist. rom. 1. III, c. 8.