Raynald. anno 1360, n
Bernabo, à titre d'indemnité, pour chacune des années qui restaient à courir, do quatre-vingts à cent mille florins d'or K Homme sans mœurs ni religion, cruel au point d'inventer des supplices pour ceux que frappait son ressenliiiient, allectant envers le clergé un tel mépris qu'il avait contraint l'archevêque de Milan, Robert, son parent, à s'agenouiller devant lui, et ne se faisant pas scrupule de mettre à la torture les prêtres qui résistaient à son autorité ^, tel était ce Bernabo avec lequel le pape consentait à conclure un traité. Il ne recueillit que l'humiliation de l'avoir proposé. Bernabo refusa tout accommodement, et la lutte continua.
Cependant la trêve accordée par le prince de Galles était expirée, et la guerre avait recommencé entre la France et l'Angleterre. Edouard avait débarqué à Calais, puis, traversant l'Artois et la Picardie, s'était dirigé sur Paris. Le pape tenta de nouveau de s'entremettre en faveur de la France et envoya l'abbé de Cluny vers le roi d'Angleterre sans réussir à l'arrêter dans ses desseins de conquête ^ Au dire d'un contemporain, un incident aurait fait ce que n'avait pu faire l'intervention du pontife. Comme Edouard approchait de Chartres, il fut surpris par un violent orage qui effraya et détruisit une partie de son armée. Apercevant de loin, au travers de la foudre, la flèche de la cathédrale de Chartres, ce prince crut voir un signe de la volonté divine qui lui ordonnait de consentir à la paix, et il céda aux supplications de l'abbé de Cluny ^. Tout prouve que ce récit n'est que l'écho d'une légende '\ Les avantages d'un traité dont il pouvait dicter les conditions et sans doule aussi la lassitude de la guerre furent
1. Juillet 1360. Ut labente quinquennio, octuaginta centumve aiireorum millia aimua ab ecclesia acciperet. PiaynalcLanno 13f)0, n" 9.
2. Sur ces excès de Bernabo, voir une lettre d'tJrbain V d'avril 1303, dans Raynald. loc. cit. L'archevêque Robert Viscouti mourut en 1360.