Janvier 1361. Marteue, Thés, anecd. t. II, p
nombre d'hommes se présentèrent; mais,'comme on ne leur promettait que des indulgences, la plupart se retirèrent et quelques-uns môme se joignirent aux routiers K Le pontife, en sa détresse, alla jusqu'à essayer d'émouvoir la pitié des chefs de ces bandes, et, dans une lettre qu'il leur adressait au mois de février 1361, il leur écrivait qu'ils n'étaient sans doute animés que de bonnes intentions à l'égard du saintsiège et de la cour d'Avignon ^ Enfin, au mois de juin, il se décida à entrer en composition avec eux. Le marquis de Montfcrrat, dont les possessions étaient menacées par Galéaz Visconti, frère de Bernabo, était alors venu à Avignon. Le pape, après s'être concerté avec ce seigneur, paya aux routiers cent mille florins d'or, et, leur accordant en outre la rémission de leurs péchés, les détermina par ce moyen à aller, sous la conduite du marquis de Montferrat, combattre en Lombardie le frère de Bernabo ^
A peine Innocent était-il délivré de ces terribles routiers, qu'il se voyait exposé à une autre sorte de fléau. La peste, qui avait reparu dans le nord de l'Europe et de là s'était étendue dans l'intérieur de la France, gagna la vallée du Rhône, oiî elle exerça de tels ravages (ju'en la seule ville d'Avignon elle enleva dix-sept mille personnes, dont neuf cardinaux et cent évoques ■*. Par ce dernier chiffre, on peut juger combien avait été vaine l'injonction qu'Innocent avait faite jadis aux évoques, sous peine d'excommunication, de quitter la cour pontificale pour aller résider en leurs diocèses. C'était la crainte de la contagion, plus encore que l'argent du pape, qui avait décidé les routiers à passer en Italie. Ils l'y portèrent avec eux. La peste sévit en Lombardie, dans la Marche d'Ancônc, dans la Romagne, et pénétra ensuite en Toscane ^ Un mo-
i. Froissart, éd. Luce, t. VI. p. 73, 74.