Héfélé, Conc. t. IX, p
concile de Lyon présidé par Grégoire X, n'avaient eu en réalité qu'un objet politique '?
Ni CCS tentatives de réforme, ni le zèle que, pendant un temps, avait déployé Urbain au sujet de la croisade, ne lui avaient fait oublier ses desseins sur l'Italie. « Nous n'avons pas seulement le désir de visiter Rome et les autres parties de la péninsule, écrivait-il alors à l'empereur, nous en avons la volonté expresse ^. » Toutefois, si arrêtés que fussent ses projets, il avait pensé qu'il était imprudent de les mettre à exécution avant d'avoir contraint à la soumission Bernabo Visconti. Il avait jugé également qu'il ne pouvait s'éloigner d'Avignon sans avoir mis cette cité à l'abri des compagnies qui continuaient à ravager la France. Dès la première année de son avènement, et tout en enjoignant au cardinal Albornoz de poursuivre la guerre engagée contre Bernabo, il avait publié une bulle, où, après avoir énuméré les impiétés, les violences et les crimes de toute sorte dont s'était souillé le tyran milanais, il l'avait cité à comparaître dans un délai de trois mois. Ce terme expiré, il avait fulminé une seconde bulle par laquelle, le déclarant coupable d'hérésie, il l'avait destitué de ses dignités et de ses biens et condamné à toutes les peines, si rigoureuses qu'elles fussent, qui atteignaient les hérétiques. Il ne s'était pas borné à cette sentence. Il avait ordonné de prêcher contre lui la guerre sainte en Italie, en Allemagne et dans les États voisins de la péninsule ^. Mais c'étaient là des menaces dont depuis longtemps les ennemis du saint-siège avaient cessé de s'alarmer. Il fallut que Bernabo fût défait par Albornoz dans une sanglante bataille à la-
1. On sait que, depuis la mort d'Innocent III en 1216, il n'y eut en effet que trois conciles généraux, l'un à Lyon sous Innocent IV, un autre dans la même ville sous Grégoire X, et celui de Vienne sous Clément V.