Juin 1364. Rayuald. eod. anno. n
3. Raynald. anno 1362, n» 12, 13; 1363, u» 2-4. C'est le 3 mars 1363 qu'avait été fulminée la seconde bulle contre Bernabo. Urbain avait donné à la publication de cette bulle une sorte de solennité. Après avoir prononcé debout la sentence qu'elle contenait, il s'était agenouillé et avait demandé à haute voix aux apôtres Pierre et Paul que le tyran fût lié dans le ciel comme il l'était sur la terre.
quelle avaient pris part les seigneurs de Vérone, de Padoue, de Ferrare et de Reggio, ligués avec le légat contre lui, pour qu'il consentît, non à se soumettre, mais à traiter K II promit de renoncer à ses prétentions sur Bologne et de restituer toutes les places qu'il avait conquises dans la Romagne, à la condition que la cour d'Avignon lui paierait cinq cent mille florins d'or et qu'Albornoz, qu'il craignait de voir trop près de la Lombardie, s'éloignerait du territoire bolonais. Bien, que, d'après la convention faite avec Clément VI, les droits des Visconti sur la seigneurie de Bologne fussent au moment d'expirer, le pape, dans l'intérêt de la paix, adhéra à ces propositions, qui furent signées le 3 mars 1364. Bernabo était en outre déchargé de tous ses crimes, relevé des censures qu'il avait encourues et réintégré dans ses biens et dignités '. Un pareil traité n'attestait pas seulement la faiblesse du saintsiège ; il laissait croire qu'en frappant Bernabo des foudres ecclésiastiques, la cour d'Avignon avait voulu punir moins ses crimes que ses conquêtes.
Urbain, qui n'avait pu réduire Bernabo, était encore moins en état de repousser les compagnies. Dans le temps qu'il traitait avec Bernabo, il avait, dans des bulles successives, signalé les excès de ces compagnies et promis les indulgences à tous ceux qui s'armeraient pour s'opposer à leurs incursions ^ L'année suivante, au mois d'avril 1365, il adressa aux évêques de France une encyclique où, retraçant avec plus de force les violences, les déprédations et les meurtres commis par ces routiers qu'il comparait à des bêtes fauves, il déclarait eux et leurs complices soumis à toutes les rigueurs de l'anathème et exhortait les fidèles à combattre à outrance « ces ennemis de Dieu et de l'humanité ^. » Mais, si les sévé-