‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 385 sur 416 · Raynald. anno 1365, n · texte numérisé non relu

Raynald. anno 1365, n

rites apostoliques n'avaient pas arrêté Bernabo, ce n'étaient pas de tels hommes qu'elles pouvaient intimider. Urbain conçut alors le projet de tourner leur fureur contre les Turcs. Il instruisit de son dessein le roi de France, Charles V, qui entra dans ces vues, et l'on entama des pourparlers avec les compagnies. L'empereur offrit môme di; les défrayer dans leur passage à travers l'Allemagne, si elles voulaient gagner la Hongrie et de là se porter en Orient, ou de les embarquer à Venise et de les envoyer au roi de Chypre *. Mais, quelques promesses qu'on leur fît, ces hommes, accoutumés à guerroyer pour le butin, refusèrent d'affronter des périls en des contrées aussi lointaines sans profit assuré, et il fallut « aviser une autre voie » pour en débarrasser la France^.

On put enfin les déterminer à servir de plus près les intérêts de l'Eglise en allant en Espagne combattre les Maures. Ce fut le célèbre Bertrand du Guesclin qui se chargea de les y conduire. On sait que Bertrand, donnant un autre objet à cette expédition, les entraîna au secours de Henri de Trastamare, qui disputait alors le trône de Castille à son frère naturel, Pierre le Cruel ^. Quand ces compagnies, traversant le midi de la France pour gagner les Pyrénées, approchèrent d'Avignon, elles voulurent, à l'imitation de leurs devanciers, rançonner la cour pontificale et, sous prétexte qu'elles allaient attaquer les Infidèles, demandèrent au pape des « subsides. » Urbain fit comme avait fait Innocent VI, sans s'abaisser toutefois jusqu'à leur envoyer l'absolution, et leur abandonna

1. Rayjiald. anao 1365, n» 1. 2. Cf. Maurice Prou, ouvr. cité, p. 47 et ss.

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