‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 395 sur 416 · Raynald. anno 1369, n» 4, 3; 1370, n · texte numérisé non relu

Raynald. anno 1369, n» 4, 3; 1370, n

cident venaient, dans Rome pacifiée et soumise, s'humilier devant le pontife, on eût pu croire que le saint-siège avait recouvré tout ensemble son prestige et son autorité. Mais ces hommages intéressés cachaient mal la faiblesse d'un pouvoir qui n'avait plus pour lui que la majesté des souvenirs. Les Romains eux-mêmes ne se montraient obéissants que parce qu'ils voulaient garder au milieu d'eux le chef de l'Église ou que peut-être ils craignaient les forces militaires qui protégeaient sa personne. Il y a plus; dans les provinces ecclésiastiques, que la mort d'Albornoz laissait sans frein pour les contenir, les populations remuaient de nouveau. Les habitants de Pérouse, mécontents des conditions que leur avait jadis imposées le cardinal, s'étaient soulevés contre le saint-siège, et le pape avait dû les frapper des foudres ecclésiastiques ^ A son tour, Bernabo, violant une seconde fois les traités, avait envahi la Toscane avec des compagnies de routiers qu'il avait prises à sa solde. Urbain sollicita inutilement contre lui les secours de l'empereur et du roi de Hongrie^; il parvint du moins à réunir dans une ligue Florence, Pise, Lucques et les autres villes de la Toscane ^ Le spectacle de ces agitations sans cesse renaissantes, joint au souvenir qu'il avait conservé de l'insurrection de Viterbe, l'impuissance où il se voyait, malgré l'espoir dont il s'était flatté, de mettre par sa présence un terme à ces agitations, le dégoûtèrent de l'Italie, et sa pensée commença de se reporter vers la France. Entretenu dans ces sentiments par les cardinaux qui, de leur côté, ne dissimulaient pas leur désir de revoir la France"*, Urbain se décida à satisfaire à des vœux qui étaient aussi les siens, et, au mois de mai 1370, il annonça l'intention de retourner à Avignon. Le motif qu'il allégua était qu'il voulait travailler de plus près à la réconciliation des rois de France et d'Angleterre entre lesquels la guerre venait de se rallumer 5.

1. Août 1369. Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p. 511-513.

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