Baluze, Vitae^ t. I, p
Il so Iroiivait alors à MonLcfiascone. Etonnés d'une nouvelle aussi inattendue, les Romains envoyèrent le supplier de renoncer à sa détermination. Il répondit que, « s'il n'était pas avec eux de personne, il ne laisserait pas d'y être de cœur.*» Un frère mineur, appartenant à la maison royale d'Aragon et qui craignait sans doute les suites de l'émotion que l'annonce de ce départ avait causée dans Rome, essaya également de le détourner de sa résolution, lui disant que son éloignement pourrait donner lieu à un schisme ; prévision dont les événements ne devaient que trop plus tard démontrer la justesse 2. Une démarche plus pressante fut encore tentée auprès de lui. Une femme de race noble et d'une foi exaltée, qui, dans des Révélations laissées par elle ou du moins consacrées sjus son nom, a tracé un lamentable tableau dus mœurs du clergé à cette époque ^ Brigitte de Suède, était depuis peu venue à Rome des régions de la Scandinavie. Elle crut connaître, par une inspiration du ciel, que Dieu condamnait la résolution d'Urbain, et elle avertit le pontife que, s'il regagnait Avignon, il ne ^tarderait pas à y mourir "*. Mais Urbain se montra aussi ferme dans son dessein de retourner en France qu'il l'avait été dans celui de venir en Italie. Il s'embarqua, le 5 septembre, à Gorneto, accompagné de ses cardinaux, abordait le 16 à Marseille et de là se rendait à Avignon, oii la mort l'attendait en effet. Il y expirait trois mois après, le 19 décembre 1370.
1. « Si non suni vobiscum personaliter, tamen ero cordialiter. » Baluze, Vitœ. t. II, p. 774.