Baluze, Vilœ, t. I, p
La Cour ue Rome. T. II 35
54e LIVRE DIXIÈME
précipité, prévenir des tentatives de sciiisme dont le danger avait été signalé à Urbain et qui auraient pu naître à Rome d'une vacance trop prolongée. Uue considération particulière put aussi, dans leur esprit, s'ajouter à celle-là. Bien que le nouveau pontife ne fût âgé que d'une quarantaine d'années, une santé languissante qu'il traînait depuis l'enfance paraissait le destiner à une fin prochaine *, et il n'était guère à supposer que, dans ces conditions, il voulût affronter les troubles de l'Italie, alors surtout que la France, commençant à respirer sous le règne réparateur de Charles Y, lui offrait une sécurité que n'avaient pas connue ses derniers prédécesseurs. Avec Grégoire, la papauté allait entrer plus avant dans cette voie de décadence d'oiî le défunt pontife avait, en quelque manière, essayé de la détourner. Ce n'est pas qu'au dire de ses biographes il manquât de savoir, ni de piété^.Mais il ne parut pas comprendre la gravité des circonstances dans lesquelles il était appelé à diriger l'Église. L'une de ses premières mesures fut de créer douze cardinaux dont neuf étaient française Quand tant d'efforts venaient d'être faits pour retenir le saint-siège en Italie, c'était imprudemment resserrer ses liens avec la France. Peu de mois après, les Romains, tout mécontents qu'ils étaient du départ de la cour pontificale, envoyèrent offrir à Grégoire la dignité sénatoriale*. iVul doute que ce ne fût avec la pensée de l'attirer à Rome; mais tout indique qu'il ne voulut prendre à ce sujet aucune détermi-