Ibid. p
3. G juin 1371. Baluze, ibid., p. 427, 428. Des trois au 1res cardinaux, l'un était romain, un autre espagnol et le troisième le trop célèbre Robert de Genève. Il est vrai qu'Urbain avait lui-même fait huit cardinaux, dont six étaient français; mais c'était le 22 septembre 1368, quand déjà peut-être il songeait à retourner en France. Ce même pape, en juin 1370, avait créé encore deux cardinaux dont l'un était français et l'autre italien. Voy. Glaçon. Vit3e. pontif. et cardin.
4. Il convient de noter qu'ils firent alors les mêmes réserves qu'ils avaient faites sous Clément VI, et qu'ils déférèrent cette dignité, non au pape, mais au seigneur Pierre de Beaufort. Voir une lettre de Grégoire du 19 décembre 1371, dans Theiuer, Cod. dipl. dom. temp. t. II, n° 531.
natioQ^ On eût pu du moins s'attendre qu'à l'imitation d'Urbain il se fût proposé de signaler son avènement par quelques décrets de réformes. Soit qu'il en reconnût d'avance l'inefficacité, soit qu'il ne se sentît pas l'énergie nécessaire pour en imposer l'exécution, il ne fit guère, dans tout le c{jurs de son pontificat, que publier une encyclique où il rappelait au devoir de la résidence les prélats absents de leurs diocèses^. Au reste, il était lui-même, à certains égards, un exemple des abus qu'il eût dû réprimer. Xommé cardinal par Clément VI à l'âge de dix-huit ans, il était, lors de son élévation au saint-siège, chanoine des églises de Paris et de Narbonne, doyen de celle de Bayeux, archidiacre de celles de Rouen, de Sens et de Bourges, chanoine et archidiacre de Sulli en l'église d'Orléans, prévôt de Saint-Sauveur de Maëstricht et archidiacre de Cantorbéry^ Gomme lui, les autres cardinaux possédaient de riches et nombreux bénéfices, dont ils prétendaient avoir besoin pour soutenir leur dignité. C'était ainsi que la cour d'Avignon, qui, dans ses constitutions, s'élevait contre le cumul des bénéfices et exigeait la résidence, entendait pour elle-même l'application de ses décrets.
Par cet abandon de toute idée de réforme, Grégoire ne pouvait que diminuer encore la papauté dans l'esprit de ceux que touchaient les intérêts de la religion. Croyant qu'il importait de justifier, aux yeux de la catholicité, les raisons qu'avait données le dernier pape de son retour à Avignon, il chercha d'abord à ramener la paix entre Charles V et le roi d'Angleterre. C'était cette fois le roi de France qui avait rouvert les hostilités. Grégoire, presque aussitôt après son avènement, avait député des cardinaux vers l'un et l'autre sou-
1. La seule indication qu'on ait sur ce point résulte d'une lettre d'octobre 1374 adressée par Grégoire à l'empereur et où il disait que, dés son élévation au pontificat, il avait eu la pensée de « visiter » Rome. Raynald. anno •1374, n» 23.
2. Voir, à ce sujet, une bulle du 29 mars 1375. dans Piaj-nald. eoi. anno, n» 23.