Baluze, Vilas. t. I, p
verain, et des conférences se tinrent à Calais en l'automne de 1371 ^ Mais il n'y avait pas de motifs pour que Grégoire fût mieux écouté que ne l'avaient été ses prédécesseurs, et ses démarches n'eurent aucun résultat. A la vérité, autant jadis, au début d'une guerre si désastreuse, l'intervention du saint-siège avait pu sembler opportune, autant aujourd'hui elle l'était peu, puisqu'elle aurait eu pour conséquence de laisser la France mutilée par les armes de l'étranger. Reprises à Bruges vers la fin de l'année suivante sur de nouvelles instances du pontife, les négociations n'aboutirent pas davantage 2. Secondé par la valeur de du Guesclin et aidé des forces de Henri de Trastamare qui lui devait le trône de Castille, Charles V avait alors recouvré au centre et au midi une partie du territoire conquis par les Anglais. En vain, dans une lettre qui visait plus particulièrement le roi de France, et où il rappelait le zèle incessant déployé par le saint-siège pour arrêter une guerre aussi funeste, Grégoire menaça des sévérités apostoliques ceux qui s'opposeraient au rétablissement de la paix^ Ces menaces n'eurent d'effet ni sur Edouard, qui n'entendait pas renoncer à des conquêtes achetées au prix de longs efforts et par d'éclatantes victoires, ni sur Charles, qui, résolu à effacer les hontes du traité de Brétigny, avait pour lui, dans cette œuvre de réparation nationale, non seulement les populations, mais le clergé de son royaume.
Grégoire ne réussit pas davantage à s'acquitter d'une obligation plus impérieuse dont, en montant sur le saint-siège, il avait accepté le fardeau. En recevant publiquement à Rome l'abjuration de Jean Paléologue, Urbain avait pris l'engagement i-mplicite de le secourir contre les Turcs. Grégoire se sentit lié par cet engagement, et, lors des premières conférences entre les rois de France et d'Angleterre, l'une des raisons alléguées par lui pour porter ces souverains à la paix était la nécessité de s'opposer aux progrès des Infidèles.
i. Baluze, Vitse, t. I, p.- 426, 427. Cf. Raynald. anno 1371, n» 1-2.