Janvier 1373. Raynald. eod. anno, n
Dl^OADENGE UE LA PAPAUTÉ 549
« Il n'y aura bientôt plus en Orient un homme qui prononce le nom du Christ, écrivait-il, et, si les princes catholiques ne se hâtent, l'Europe elle-même aura à subir les incursions des ennemis de la foi K » Ces prévisions semblaient au moment de se réaliser. Les Turcs, qui, sous la conduite du redoutable Amurat, avaient déjà fait irruption sur le continent, ayant remporté une victoire considérable sur les Grecs unis dans cette circonstance aux Valaques et aux Serbes, appelèrent d'Asie de nouvelles forces, et, dans le cours de l'année 1372, menacèrent de soumettre à leurs armes quelques-uns des Etals du sud-est de l'Europe. Grégoire s'adressa inutilement au roi de Hongrie, au roi de Chypre, au grand maître des chevaliers de Rhodes, aux Vénitiens, aux Génois, à Jeanne de Naples, au roi de Sicile, les pressant de se concerter avec les souverains des pays menacés pour repousser l'envahisseur 2. A Jean Paléologue qui, alors presque réduit à la possession de Constantinople et de la ville de Thessalonique, se plaignait que, depuis son abjuration, il n'eût pas reçu l'assistance qui devait en être le prix, il répondait que les Grecs étaient justement punis de leur opiniâtreté dans le schisme; et il ajoutait, avec plus de piété que de clairvoyance, que si, à son exemple, les peuples de son Empire se ralliaient ouvertement à l'Église romaine, les princes do l'Occident montreraient sans doute plus de zèle à les secourir ^ Sur la prière du roi de Hongrie, alarmé à son tour pour ses Etats, il ordonna de prêcher la croisade en Hongrie, en Dalmatie, en Pologne, en Allemagne, sans que ce second appel fût mieux écouté'*. Plus exposé que le roi de Hongrie aux armes d'Amurat, Jean Paléologue allait sous pou devenir son tributaire ^ et ainsi commencèrent à se justifier les avertissements donnés jadis à la cour d'Avi-