Mars 1373. Raynald. eod. anno, n" 3-."i
5. Voir, à ce sujet, une lettre du pape au roi de Hongrie en octobre 1375, dans Raynald. eod. auno, n» 7.
gnon par le moine Barlaam, quand il disait qu'on ne devait pas attendre l'abjuration des Grecs pour leur porter secours; qu'en les défendant on défendait des chrétiens, et que, s'ils venaient à tomber sous le joug des Infidèles, ce serait à l'Europe catholique à craindre pour eile-mème.
La situation de l'Italie attira aussi, à divers titres, l'attention du pontife. S'accordant spontanément pour mettre un terme à de longues rivalités, Jeanne de Naples et le roi de Sicile, qui était alors Frédéric le Simple, avaient conclu un traité par lequel Jeanne renonçait pour elle et ses héritiers à tout droit sur la Sicile, Frédéric s'engageant, de son côté, à tenir son royaume en fief de la couronne de Napies ^ Une pareille convention était directement contraire aux volontés du saint-siège qui, pendant près d'un siècle, avait refusé de reconnaître la séparation des deux royaumes ^. Grégoire ne laissa pas d'adhérer à ce traité, dont les dernières ratifications furent échangées au mois de mars 1373, et il leva l'interdit qui, depuis la fin du pontificat de Benoît XII, pesait sur la Sicile. Les maux que des guerres continuelles avaient fait naître, les souffrances des populations, la déprédation du bien des églises, l'ébranlement qu'un long interdit avait en Sicile causé à la religion, au point que « la foi catholique y était presque anéantie ^ » telles étaient les considérations invoquées par Grégoire pour expliquer son adhésion. Ce n'en était pas moins avouer l'impuissance de la papauté à faire observer ses décisions et attester l'inutilité de ses censures. Encore doit-on dire que, dans ce traité qui avait été préparé sans la participation du pontife, la suzeraineté du saint-siège sur les Etats dont se composaient l'un et l'autre royaume n'était qu'imparfaitement reconnue. Gré-