‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 405 sur 416 · Murât. Annal. d'Ital. anno · texte numérisé non relu

Murât. Annal. d'Ital. anno

2. Grégoire écrivait aux chefs de l'armée pontificale : « Non facimus tôt intolerabiles expensas vobis notas, utadpacem deceptibilem deveniamus. » Raynald. anno 1373, n» 13.

3. Annal, mediol. c. 136, 137. La peste s'étendit jusqu'à Rome. Voir une lettre du pape à ce sujet, du mois d'octobre 1373, dans Raynald. ibid. n" 14. En 1374, l'épidémie gagna Avignon. Baluze, Vitâs, t. L p. 432.

4. Raynald. anno 1374, n» 15. Cf. ibid. not. Mansi. Une trêve fut également conclue avec Galéaz en juillet. Voir Tbeiner, Cod. dipl. dom. temp., t. II, p. 559.

5. Murât. Annal. d'Itul. anno 1373. D'après Muratori, la levée d'une décime aurait été ordonnée également en Pologne, en Suéde, en Norvège, en Danemark et en Angleterre.

tre les Turcs ^ En Allemagne, ce fut 'le clergé lui-même qui refusa la décime, ainsi qu'il l'avait fait déjà au temps d'Innocent VI. A la seule annonce des intentions du pape, les dignitaires ecclésiastiques de la province de Mayence s'étaient rassemblés et, résolus à ne pas payer cet impôt, avaient souscrit un acte par lequel ils s'engageaient, sous la foi du serment, à se soutenir mutuellement dans leur résistance au saint-siège. Le clergé de la province de Cologne et des autres parties de l'Allemagne adhéra à cette charte d'union, dont les considérants équivalaient à un acte d'accusation dressé contre la cour pontiOcale. « Par l'effet des exactions continuelles qu'elle fait peser sur les églises, était-il dit dans cet écrit, la chaire apostolique, autrefois révérée en Allemagne, est devenue l'objet d'un tel mépris, que la foi ellemême a été atteinte. Les laïques ne parlent de l'Église romaine que dans les termes les plus injurieux; ils disent qu'au lieu d'envoyer dans ces contrées, selon les préceptes des anciens Pères, des prédicateurs chargés d'enseigner les âmes et de répandre la parole divine, elle n'envoie plus que des collecteurs d'impôts habiles à pomper l'argent des fidèles. Nous le reconnaissons avec douleur; les choses en sont venues à ce point, que les peuples parmi nous ne sont plus guère chrétiens que de nom^. »

Dans l'année où Grégoire concluait cette trêve avec Bernabo, les Romains lui adressaient une nouvelle députation chargée formellement, cette fois, de solliciter le retour du saint-siège à Rome. Il faut croire que les instances' des députés furent vives et qu'ils exposèrent des raisons propres à toucher le pontife ; car il prit alors l'engagement positif de se rendre en Italie ^ Il fit part de sa résolution à l'empe-

1. Raynald. anno 1374, n" 6. Les lettres du pape, que Raynaldi se borne à mentionner, sont de l'année 1373.

2.29 novembre 1372. Voir Guldenus, Cod. dipl. mog. (Francof. 1751), t. III, p. 507-509. Cf. Pastor, Hist. des papes, trad. Raynaud. t. I, p. 103.

3. Celte députation (amplissimisoratoribus) arrivai Avignon au commencement de mars 1374. Raynald. eod. anno, n» 23.

reur, aux villes et aux seigneurs de la péninsule \ Il en fit part également au roi de France. « Bien qu'il nous en coûte, lui écrivait-il, de nous éloigner de votre Grandeur et de quitter un pays où nous sommes né et où jusqu'ici nous avons trouvé le repos, le devoir de notre office, le bien de l'Eglise, le soin de nos intérêts temporels au delà des Alpes, tout nous ohlige à entreprendre ce voyage -. » Ayant le dessein, à l'exemple d'Urbain, de gagner l'Italie par mer, il s'entendit avec Jeanne de Naples, le roi de Sicile et le doge de Venise, pour qu'on lui fournît les galères dont il avait besoin. Néanmoins, tout en annonçant ainsi publiquement sa détermination, il semblait hésiter. Après avoir fixé son départ à l'automne de 1375, ce qui était déjà une date trop éloignée au gré des Romains, il le remit au printemps de l'année suivante, et, ce second délai môme devait expirer sans qu'il se fût décidé à quitter Avignon.

Les motifs que donnait Grégoire pour difTérer son départ, motifs analogues à ceux qu'avait donnés Urbain pour retourner en France, étaient que, des négociations s'étant ouvertes à ce moment entre Charles V et le roi d'Angleterre, il se proposait d'y intervenir, et qu'il croyait, en restant à Avignon, travailler plus efficacement à la paix ^ C'était de sa part une illusion et, bien qu'il pût en effet suivre de plus près les conférences, la paix ne fut pas conclue. Il faut bien le reconnaître, les liens, déjà si affaiblis entre la papauté et les souverains séculiers, se relâchaient de plus en plus. Il ne suffisait plus aux princes de s'être affranchis de toute ingérence du saint-siège dans le gouvernement de leurs États, de manquer envers Jui aux obligations qu'ils pouvaient avoir en qualité de feudataires, de contester sa suzeraineté, de n'ac-

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