Gregorovius, Storia di Roma, t. V, p
le sénateur, le privilège exclusif de battre monnaie et d'établir les impôts. Aux revendications politiques ils joignirent les revendications territoriales . Un membre de la famille des Savelli, qui remplissait alors les fonctions sénatoriales, prenant parti pour les rebelles, signifia par un édit que le Patrimoine, la Sabine, la Campanie et la Maritime étaient la propriété du peuple romain, et des milices furent envoyées pour occuper ces territoires. Là ne se bornèrent pas les prétentions des Romains. Ils voulurent supprimer les immunités du clergé, le soumettre désormais à la juridiction séculière, et exigèrent du pape l'engagement de ne frapper, dans aucun cas, les citoyens de Rome d'excommunication, ni la ville d'interdit ^ Jamais les Romains ne s'étaient portés à de telles hardiesses. Grégoire sentit toute la gravité du péril. «Les Romains ne prétendent pas seulement nous dépouiller de notre autorité temporelle, écrivait-il au mois de décembre 1234 à l'archevêque de Rouen; ils veulent renverser la liberté ecclésiastique et subjuguer le saint-siège. C'est l'Église tout entière qui se trouve menacée en notre personne, et, si cet attentat n'est pas réprimé, il est à craindre que d'autres, entraînés par cet exemple, ne s'élèvent à leur tour contre Dieu et l'Église 2. >,
Si inconstante que fût l'humeur des Romains, ils paraissaient déterminés cette fois à poursuivre leurs entreprises. Grégoire, du lieu de sa retraite, avait lancé l'anathème contrôle sénateur et les magistrats de la cité^ Mais il comprenait qu'il lui fallait d'autres armes. Il trouva des secours d'un côté oii il semblait qu'il aurait dû le moins les attendre. Frédéric, qui venait lui-même de comprimer en Sicile un soulèvement provoqué par l'application rigoureuse des constitutions de Melfi, se rendit à Rieti, accompagné de son fils Conrad, et offrit spontanément son assistance au pontife*. Pour