février 1219. Raynald. eod. anno, n
des territoires conquis parles Français du Nord, consommait leur propre servitude. L'ancien comte de Toulouse, Raimond VI, au sortir de ce concile où il était allé faire entendre de vaines réclamations, avait lui-même résolu de tenter un dernier effort pour reconquérir ses domaines; et, lorsque ce prince, accompagné du jeune Raimond, son fils, était revenu en France, ^Marseille, Avignon, Orange, plusieurs autres villes de la Provence et nombre de barons s'étaient engagés à les assister dans la défense de leurs droits. Le roi d'Aragon, Jacques, fils de celui qui avait été tué à la bataille de Muret, s'était également rallié à la cause du vieux Raimond. En dépit des mesures prises par Simon de Montfort pour arrêter la révolte, le mouvement n'avait pas tardé à s'étendre des deux côtés du Rhône, et, les Toulousains s'étant soulevés à leur tour, Raimond VI, au mois de septeinl)re 1217, était rentré dans sa capitale aux acclamations des habitants K
Dès le début des événements, Honorius avait envoyé le cardinal Bertrand dans les provinces insurgées pour y ramener les esprits ^ Instruit du peu de succès de la mission de son légat, le pape craignit de voir l'autorité de l'Eglise romaine compromise encore une fois en ces contrées, et, s'inspirant du funeste exemple donné par Innocent, résolut d'appeler de nouveau aux armes les Français du Nord. Il enjoignit aux archevêques de Reims, de Sens, de Tours, de Rouen, de Bourges, de Lyon et à leurs suffragants de prêcher la croisade contre les hérétiques albigeois, leur disant d'y entraîner tous ceux des fidèles de leurs diocèses qui ne s'étaient pas croisés pour la Palestine^, et menaça le roi d'Aragon, s'il n'abandonnait Raimond, « de livrer son royaume à l'invasion des catlioliques *. » Cet appel à la guerre procura des ren-
i. Pour tous les faits qui précèdent, voir Schmidt, Hist. des Albkj. t. I, p. 267-270.