‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 7 sur 416 · janvier 1218. Potthast, ihid. n» ti · texte numérisé non relu

janvier 1218. Potthast, ihid. n» ti

4. « Regnura tuum per extraneas gentes comprimere cogeremur. » 27 décemb. 1217. Voir cette lettre dans Rayuald. anno 1217, n» 56, 57.

fortsà Simon qui, réunissant toutes ses forces, vint mettre le siège devant Toulouse. Arrêté plusieurs mois par l'énergique résistance des habitants, il envoya demander des secours au roi de France, quand, le 2o juin 1218, il fut tué d'une pierre lancée des remparts de la ville. « Cette pierre alla droit où il fallait », écrit un narrateur de la croisade, qui était, il est vrai, favorable aux hérétiques K Les orthodoxes célébrèrent la mort de Simon comme celle d'un saint et d'un martyr. « Oui, dit le même narrateur, il est saint, il est martyr, si, pour avoir tué des hommes et versé le sang, pour avoir allumé des incendies, égorgé des femmes et massacré des enfants, un homme peut conquérir en ce monde le règne de Jésus- Christ ^ »

La mort de Simon jeta le trouble parmi les orthodoxes, qui s'éloignèrent du territoire de Toulouse sans interrompre toutefois le cours de leurs hostilités. A la place de Simon, Amaury, son fils, avait pris la direction de la croisade. Le pape lui confirma l'héritage des domaines conquis par son père' et ordonna aux évêques de France de prêcher de nouveau la guerre contre les hérétiques "*. Sur ses sollicitations ^ Philippe Auguste consentit à prêter son appui aux défenseurs de la foi. Il est vrai que, pour prix de cette assistance, le pontife dut lui accorder le vingtième des revenus ecclésiastiques du royaume^. Le fils du roi, Louis, conduisit lui-même une armée dans le Midi et alla rejoindre Amaury, qui était occupé au siège de Marmande. Cédant à des forces plus nombreuses, la ville fut

1. Chanson de la croisade contre les Albigeois, éd. Paul Meyer, t. II, c. 21o. Le savant éditeur, dans son introduction, a clairement fait ressortir que ce poème se compose de deux parties, dont l'une, — qui se termine peu avant la bataille de Muret, — a pour auteur Guillaume de Tudéle, favorable aux croisés, tandis que l'autre est l'œuvre d'un anonyme, favorable au comte de Toulouse.

2. Chanson de la croisade contre les Albigeois, t. II, c. 208.

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