‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 67 sur 416 · Hist. dipl. Introd. p. 23S · texte numérisé non relu

Hist. dipl. Introd. p. 23S

3. Matth. Pari.s, t. III, p. 624, 623. Pour l'appréciation critique des faits relatés à ce sujet par le chroniqueur et qu'on ne saurait admettre dans leur totalité, voir Hist. dipl. Introd. p. 300. Cf. Elie Berger, S. Louis et Innocent IV, Introd. au t. II des Pieg. d'Innocent IV, p. 3. (Cette introduction a été publiée à part en 1893, chez Thorin.) Ce récit de ÎNIatthieu Paris est au reste confirmé, dans ce qu'il offre d'essentiel, par Aubry de Trois Fontaines et par les Annales de S. Pantaléon de Cologne. Il convient de rapprocher de ces textes une lettre de Grégoire à Louis IX, du 23 octobre 1239, Ilist. dipl. t. V, p. 437-461, lettre dans laquelle il demande au roi de secourir le saintsiège contre Frédéric et lui notifie l'envoi, à titre de légat, du cardinal de Palestrine (Preneste). De cette lettre il résulte que ce cardinal dut se rendre en France vers la fin de 1239.

dépouiller de l'Empire son adversaire, Grégoire cherchait, comme déjà en 1229, à lui enlever l'Italie méridionale. Il excitait les Vénitiens à attaquer le royaume de Sicile, et s'engageait, dans le cas où ils réussiraient à en expulser Frédéric, à leur céder à titre de fief plusieurs parties de ce royaume K Pour subvenir aux frais de la guerre que de toutes parts il essayait de provoquer contre l'empereur, il imposa au clergé d'Occident des taxes onéreuses. A défaut de l'Italie et de l'Allemagne d'où il no pouvait guère espérer de subsides, il s'adressa à la France et plus particulièrement à l'Angleterre. Un bref, apporté à Londres par le cardinal Otton, exigea le cinquième des revenus ecclésiastiques, contribution à laquelle les évoques ne voulurent pas d'abord se soumettre et qu'ils ne se décidèrent à payer qu'après avoir été menacés par le légat des censures apostoliques -. Afin d'augmenter ces ressources, Grégoire recourut à un expédient que la cour de Rome ne devait que trop souvent renouveler par la suite. Avec son assentiment, sinon par ses ordres exprès, nombre de fidèles qui s'étaient croisés pour la Palestine furent autorisés, moyennant de l'argent versé aux agents pontificaux, à se libérer de leurs vœux ^. Lui-même, au reste, dans une lettre qu'avait portée à Louis IX le cardinal de Palestrine, avait dit qu'il était plus méritoire de combattre Frédéric que de retirer la Terre sainte des mains des Infidèles *; et, bien qu'on ne laissât pas de prêcher la croisade, le projet d'une expédition outre-mer, tant par l'eiïet des événements que par l'insuffisance du nombre des croisés, fut en fait abandonné.

Frédéric n'était pas, de son côté, resté dans l'inaction. Il

1. 23 septembre 1239, Sist. dipl. t. V, p. 39J-394. — Potthast, Reg. pontif,, u» 10789.

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