‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 68 sur 416 · Malth. Paris, t. IV, p. 9, 10 et ss · texte numérisé non relu

Malth. Paris, t. IV, p. 9, 10 et ss

3. « Eisdem temporibus inceperunt praîdicatores fratres et minores... crucesignatos absolvere a voto suo, accepta pecunia quanta sufficere videbatiir unicuiqae ad viaticum ullramariuum.»/6/rf. p. 9. Cf. une lettre de Grégoire du 12 février 1241, Hist. dipl. t. V, p. 1095. Voir aussi Gherrier, Hist. de la lulle des papes et des empereurs, t. II, p. 206, 207.

4. Voir la lettre, déjà citée, de Grégoire à Louis IX du 25 octobre 1239.

80 LIVRK SIXIÈME

pourvut, par d'habiles dispositions, à la défense de son royaume de Sicile et repoussa les Vénitiens qui ne purent que ravager le littoral de la Fouille '. Pour soustraire plus sûrement ses Etats de l'Italie méridionale aux menées de la cour de Rome, non seulement il chassa de leurs sièges plusieurs évêques dont il suspectait la fidélité; il enjoignit à tous les moines étrangers et bientôt à tous les frères mendiants de sortir du royaume, et menaça de mort quiconque serait trouvé porteur de lettres écrites contre lui par le pape ^. Ne gardant plus dès lors de ménagements envers l'Eglise l'omaine, il avoua ouvertement des projets qu'il n'avait jusqu'ici que laissé entrevoir. Dans une lettre adressée le 2 février 1240 àl'archevêque de Messine qui l'exhortait à se réconcilier avec le saint-siège : « Nous avons usé trop longtemps de longanimité, disait-il, et c'est à la force que nous recourrons désormais. Notre ferme et irrévocable résolution est de réunir à l'Empire le duché de Spolète, la Marche d'Ancône et les autres terres qui, à diverses époques, en ont été détachées ^ » C'était désigner implicitement tout l'État pontifical. Conformant sa conduite à ces hardies déclarations, il abandonna l'Italie du nord dont il ne s'était pas encore rendu maître, et se dirigea en armes vers l'Italie centrale. Bientôt il eut en son pouvoir la plus grande partie du Patrimoine de saint Pierre. Les places voisines de Rome, Viterbe, Sutri, Civita-Castellana, Montefiascone, Corneto, arborèrent de gré ou de force l'étendard de l'Empire. Il marcha enfin sur Rome avec le dessein de s'en emparer. Pour se rendre les Romains favorables, il leur avait notifié l'intention de conférer « des honneurs et des dignités » à leurs principaux citoyens, « voulant, leur mandait-il, que l'antique gloire de leur cité resplendît de nouveau et qu'un lien indis-

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