Septembre 1218. Piaynald. eod. anno, n
contrainte de capituler. La prise de cette place fut marcjuée par les mômes excès qui, sous Innocent III, avaient signalé celle deBéziers. Les soldats d'Amaury, que Louis fut impuissant à retenir, se jetèrent dans Marmande, où, à l'instigation de l'évêque de Saintes et malgré les protestations do l'archevêque d'Auch et de quelques seigneurs français, ils massacrèrent plus de cinq mille hommes, femmes et enfants, sous le prétexte que c'étaient des hérétiques K De là l'armée se mit en marche pour assiéger une seconde fois et châtier Toulouse. Le cardinal Bertrand, non moins implacahle que l'avait été jadis l'abhé de Gîteaux, demandait « qw'il ne restât rien de vivant dans la ville et que tous les habitants périssent dans les flammes'. » Défendue parle jeune Raimond et les principaux barons du pays, Toulouse résista à tous les assauts des croisés, et Louis, renonçant à l'idée de s'en emparer, regagna, au mois d'août 1219, le nord de la France ^ La fortune commença des lors à se tourner contre Amaury. Vainement le pape menaça le jeune Raimond, s'il ne déposait les armes, de le déshériter des domaines que lui avait laissés le concile de Latran, et manda aux liabitants de Toulouse, d'Avignon, de Nîmes, qu'il confisquerait leurs biens et priverait leurs villes de la dignité épiscopale \ Il ne put arrêter les progrès de Raimond, qu'il se détermina enfin à frapper d'une sentence d'exhérédation \ Mais les événements qui se passaient alors en Egypte, les lenteurs de Frédéric à se disposer à la croisade, et bientôt la nécessité de déployer de plus grands efforts pour le recouvrement de la Terre sainte, en détournant l'attention d'Honorius, allaient l'empêcher, pendant quelque temps, de poursuivre ses rigueurs.
Selon le plan qu'ils avaient adopté, les croisés de Terre sainte s'étaient portés sur le Nil, et, au mois de février 1219,
1. Chanson de la croisade contre les Alhirjeois, t. II, c. 2i2.