‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 70 sur 416 · Février 1240, Hîst. dipl. t. V, p · texte numérisé non relu

Février 1240, Hîst. dipl. t. V, p

2. Voir, avec une lettre de Grégoire de fia février 1240, qui contient le récit de ces faits, Hlst. dipl. t. V, 175-779, une lettre de Frédéric au roi d'Angleterre, 16 mars, ibid., p. 840-846. Cf. Hulllard-BréhoUes. Vie de Pierre de la Vigne, p. 180, 181.

3. « Patrimonium beati Pétri quod... ditioni sue in signam universalis dominii (Ecclesia) reservavit. « Lettre citée ci-dessus.

La Cour de Rome. — T. II. 6

danle dont il eût été le chef*. Du moins, depuis la dernière excommunication dont il avait été frappé, il affectait, dans toutes ses lettres, de distinguer l'Eglise romaine de l'Église générale 2. En fait, il s'était substitué au pape dans l'administration spirituelle du royaume de Sicile, que Grégoire avait une seconde fois placé sous l'interdit. Non seulement il avait défendu toute relation entre le clergé de ce royaume et Rome; mais, présidant lui-même au salut des âmes, il obligeait les ecclésiastiques à célébrer les offices et à conférer les sacrements. Autant qu'on peut le conjecturer, il rêvait une sorte de suprématie religieuse analogue à celle qu'exerçaient les souverains grecs et musulmans qui réunissaient entre leurs mains l'un et l'autre pouvoir. Grégoire semble lui-même faire allusion à ces tendances dans la lettre où il annonçait que Rome avait été sauvée des entreprises de Frédéric. Parlant de sa conduite sacrilège dans le royaume de Sicile: « L'empereur, disait-il, s'élevant au dessus de tout ce qu'on appelle Dieu, s'érige en ange do lumière sur la montagne de l'orgueil. Il ose, malgré l'anathème qui l'a frappé, assister aux mystères divins; il oblige, sous peine de l'exil ou de la mort, les ministres de l'Église à les célébrer; il menace enfin de renverser le siège de saint Pierre, de substituer à la foi chrétienne les anciennes cérémonies de l'Empire païen, et, se tenant assis dans le temple, usurpe les fonctions du sacerdoce ^ » A en croire un biographe de Grégoire, l'autorité du pape était, aux yeux de Frédéric, une de ces erreurs qui devaient disparaître dans une religion plus sagement établie, et qu'il prétendait détruire *. Ce qui est certain, c'est que, vers la même date, des prophéties, répandues par des mains inconnues, semblaient préparer les esprits à un changement dans

1. Iluillard-Bréholles. Vie de Pieyre de la Vigne, p. 210, 211.

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