‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 71 sur 416 · Ihid. t. V, p · texte numérisé non relu

Ihid. t. V, p

4. « Adjiciens (Fridericus) apostolice sedis trufain ab hominibus mundi simplicibus toleratam sua superstitione deleri. » Vila Gi^eg. IX, Murât, rer. ilal. t. III, p. 585.

la constitution de l'Église. Au milieu d'obscurités calculées, on trouvait des phrases telles que celles-ci: « Le haut cèdre du Liban sera coupé. De grands changements auront lieu dans la foi, les lois et les royaumes. Ceux qui sont fiers de leurs anciens titres seront amoindris. Malheur au clergé I un ordre nouveau est tout prêt. Déjà est né celui qui doit clianger le siècle. » Des vers menaçants, et qui contenaient des idées analogues, étaient trouvés jusque dans la chambre du pape. Quelques-uns paraissaient prédire la chute môme du saint-siège. On y lisait : « Rome qui chancelle, poussée depuis longtemps dans les voies de l'erreur, tombera et cessera d'être la capitale du monde ^

Malgré ces indices et d'autres semblables qu'il serait possible de recueillir, le projet de constituer en Sicile une Eglise particulière était loin d'être aussi arrêté dans la pensée de l'empereur que celui d'asseoir sa domination sur toute la péninsule, et c'était vers ce but qu'il marchait audacieusement. A un moment pourtant, on put croire à quelque accommodement entre lui et le pontife. Au mois de mai 1240, les princes et les prélats de l'Empire adressèrent à Grégoire une lettre respectueuse, mais ferme, dans laquelle ils le suppliaient de prendre en considération les maux de l'Allemagne et du monde chrétien et d'accorder la paix à Frédéric -. Le pape sembla d'abord se rendre à ces vœux. Mais, en déclarant qu'il ne pouvait souscrire à un accord sans la participation des Lombards, condition qu'il savait devoir être repoussée par le monarque, il arrêtait d'avance toutes les négociations ^ De son côté, Frédéric, de la Marche d'Ancône où il était alors, écrivait à son fils Conrad que, tout en consentant à traiter, « il forcerait le rival de sa grandeur à s'incliner devant ses aigles victorieuses *. » En réalité, aucun des deux adversai-

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