‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 72 sur 416 · Juia 1240. Ibid., p · texte numérisé non relu

Juia 1240. Ibid., p

res n'était disposé à céder. Cependant Frédéric s'affermissait de plus en plus dans l'Italie centrale, et d'au delà les Alpes Albert de Beham mandait au pontife que le parti de l'empereur prévalait partout en Allemagne K Dans cette conjoncture critique, Grégoire recourut à un moyen suprême. Il jugea que, pour triompher de son ennemi, il lui fallait entraîner l'Eglise entière dans sa querelle, et, au mois d'août, il enjoignit à tous les prélats de la chrétienté de se trouver à Rome pour un concile général, dont il fixa la date aux fêtes de Pâques de l'année suivante ^.

C'était un coup hardi. Si Frédéric laissait le concile se rassembler, il pouvait craindre de se voir condamné par des évoques obéissants ou prévenus, et, s'il en empêchait la réunion, il fournissait à Grégoire de nouvelles armes pour le combattre. Il adopta le second parti. Il savait, à la vérité, que ni les prélats de l'Allemagne, ni ceux du royaume de Sicile ne voudraient ou n'oseraient se rendre au concile. Il écrivit aux souverains de France et d'Angleterre, et, alléguant que cotte assemblée était manifestement convoquée contre lui, il les avertit qu'il s'opposerait, par tous les moyens, au passage de ceux de leurs évêques qui obéiraient à l'appel du pontife ^. Un certain nombre de prélats de France, d'Angleterre et d'Espagne, avec les évêques lombards, ne laissèrent pas de se conformer aux ordres de Grégoire. Arrivés à Gênes, que le pape avait su rattacher à la cause du saint-siège, ils s'embarquèrent pour Rome sur vingt-sept galères que [leur fournirent les habitants et dont Grégoire avait payé l'armement 1

1. « Ruit pars papalis; prsevaluit imperialis. » 5 septembre 1240. Hist. dipl. t. V, p. 1031-1035. Cf. une lettre du même, août 1240, ibid. p. 1023-

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