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tion d'un hommo appartenant par sa naissance à la fidèle noblesse de son Empire et dont, en diverses occasions, il avait éprouvé la complaisance*. Il lui envoya aussitôt des députés avec mission de négocier la paix. « Dans la confiance oiî nous sommes que votre avènement mettra fin aux discordes, lui écrivait-il, nous vous promettons d'employer notre puissance à maintenir la dignité de l'Eglise et à protéger ses libertés; et, sauf les droits et l'honneur de notre Empire, nous serons pour vous un fils dévoué et obéissant^, » C'était ne pas se rendre compte que les dispositions des hommes changent d'ordinaire avec leur situation ^ Comme Frédéric lui-même qui, élevé à l'Empire par la faveur du saint-siège, avait oublié ses serments, le cardinal Fieschi, dès qu'il fut en possession do la chaire pontificale, oublia et son origine gibeline et ses précédentes complaisances, et se montra pour le monarque un adversaire aussi intraitable que l'avait été Grégoire.
Ce n'est pas qu'au début il n'y eût de part et d'autre d'apparents efforts pour parvenir à une réconciliation. Mais Innocent exigeant d'abord, à l'exemple de Grégoire, que les Lombards fussent compris dans la paix, tandis que Frédéric voulait à tout prix leur soumission, ce dissentiment rompit les négociations'^. Sur ces entrefaites, la ville de Yilerbe, où Frédéric avait mis garnison, s'étant soulevée contre ses nouveaux maîtres, un corps de milices romaines, introduit secrètement dans la place, aida les habitants à chasser les impériaux, et Innocent, qui d'Ânagni venait de se rendre à Rome, envoya deux mille cinq cents onces d'or pour soudoyer la révolte *. L'empereur se plaignit de cet acte comme
1. Hisl. dipl. t. VI, p. 99, 101. — Héfélé, Conc. t. VIII, p. 333.