Schmidt, llist. des Albvj. t. I, p
4. Potthast, Refj. pontif. n»» 6283, 6284, juin 1220. . Ibid. n° 671 L
après s'ôtre emparés de la principale forteresse qui défendait Damiette, ils avaient entrepris le siège de la ville, qui, le le 5 novembre, tombait en leur pouvior K Enhardis par ce succès, ils se fussent vraisemblablement rendus maîtres de l'Egypte, s'ils eussent été soutenus des forces qu'ils attendaient d'Europe. Néanmoins Frédéric n'avait pas quitté l'Allemagne. Alléguant le besoin de pourvoir aux intérêts de l'Empire pour le temps de son absence, ayant en outre manifesté l'intention de passer d'abord par Rome pour y recevoir la couronne impériale, il avait obtenu de nouveaux délais de la complaisance d'IIonorius, qui, après avoir une première fois remis son départ à la fin de septembre 1219, l'avait encore reculé au mois do mars, puis au mois de mai i220 *. Ce n'est pas que chaque fois le pontife ne le pressât de partir. « C'est de vous, lui écrivait-il, que les peuples chrétiens attendent l'achèvement d'une expédition si heureusement commencée, bien que, pour votre gloire, nous eussions désiré que vous en prissiez l'initiative. Sans votre intervention, il est à craindre que les croisés ne perdent le fruit de ces premières victoires. Hâtez-vous donc, et qu'il ne soit pas dit que le saint-siège, après avoir protégé votre enfance, vous a élevé en vain au degré de puissance où vous êtes parvenu. »
Les lenteurs de Frédéric ne venaient pas uniquement d'un défaut de zèle au sujet de la Terre sainte. Bien qu'il se fût engagé envers Innocent III à séparer l'Empire du royaume de Sicile, il avait résolu de conserver pour lui-même et de transmettre plus tard à son fils Henri cette double souveraineté. Il avait mandé d'Italie le jeune prince, et, dans le temps qu'Honorius le pressait de partir pour Damiette, il travaillait secrètement à faire élire roi des Romains ce même fils déjà couronné roi de Sicile au berceau ^ Aussi peu scrupuleux que
1. C'était le 24 août 1218 qu'ils avaient occupé la forteresse qu'on appelait la tour du Nil. Ursperg. Chron.
2. Voir deux lettres d'IIonorius à Frédéric, Hist. dipl. t. I, p. 691 (octob. 1219,1 et p. 740 (mars 1220).