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mage que^ par cette démarche, Frédéric rendait au caractère universellement respecté de Louis IX, ce n'en était pas moins une nouveauté que de choisir un souverain comme juge entre le chef de l'Église et un autre souverain, et, pour que la pensée en fût venue à l'empereur, il fallait que la papauté eût singulièrement diminué dans les esprits. Rien n'indique, il est vrai, que le roi de France ait accepté celte mission; mais, ayant alors fait vœu de combattre les Infidèles et désireux do rétablir la paix en vue d'une expédition à laquelle Frédéric, s'il était absous, promettait de concourir, il se rendit à Gluny, où, sur son invitation, le pape se rendit également. En vain le roi, alléguant les besoins de la Terre sainte, conjura le pontife de pardonner au monarque. Innocent demeura inflexible K Une seconde entrevue, (jui, au dire de Mathieu Paris, aurait eu lieu au mois d'avril 124G, fut également inutile 2. Dans le cours de cette même année, Louis envoya l'évêque de Senlis et le custode de la cathédrale de Bayeux porter au pape de nouvelles sollicitations^; C'était assurément un étrange spectacle que de voir un roi de France s'efforcer, dans l'intérêt de la croisade, de ramener l'accord entre le pape et l'empereur, alors que jadis c'étaient les pontifes qui, dans le même intérêt, s'interposaient entre les rois. Innocent ne céda pas plus à ces dernières sollicitations qu'il n'avait cédé aux précédentes. Sans se départir du respect dû au chef de l'Église, Louis ne laissa pas de demeurer en relations avec Frédéric; et, bien que le pape eût défendu,