‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 88 sur 416 · Le Nain de Tilleraont, Vie de S. Louis, t. III, p · texte numérisé non relu

Le Nain de Tilleraont, Vie de S. Louis, t. III, p

2. Le fait d'une seconde entrevue à Gluny, admis généralement par les liistoriens, peut, non sans quelque raison, être contesté, et, dans ce cas, le récit qu'en fait Matthieu Paris, t. IV, p. 323, devrait être rapporté à la première. Voy. sur ce point les remarques de M. Berger, ouvr. cit. t. II, Introd. p. Gxi-Gxiv. Ce récit même, en tant qu'il appartiendrait à la première entrevue, ne doit être accepté qu'avec réserve, les conférences du roi et du pape ayant été, de l'aveu même du chroniqueur, tenues secrètes. Matth. Paris, t. IV, p. 484. Cf. Le Nain de Tillemont, ifAd., p. 182, 183. La première entrevue eut lieu vers le 30 novembre 124.").

3. Raynald. anno 1246, n» 24-26. Voy. à ce sujet la réponse du pape à Louis IX, novembre 1246, Hist. dipl. t. VI, p. 463, 464.

SOUS peine d'excommunication, de donner à celui-ci la qualification de souverain ^ il ne cessa de l'appeler, dans ses lettres, non seulement roi de Jérusalem et de Sicile, mais empereur et auguste 2, témoignant ainsi indirectement sa désapprobation de la conduite du pontife.

Innocent ne se contenta pas de repousser toute réconciliation avec Frédéric. Dès la fin de mars 1246, il publiait une encyclique par laquelle, répondant sans doute au dernier manifeste de l'empereur, et lui reprochant, comme une impiété et une injure, de vouloir appauvrir l'Eglise, il exliortait tous les chrétiens, rois, princes, prélats et simples fidèles, à prendre les armes pour combattre l'ennemi de Dieu et du saintsiège ^ Pendant qu'à son appel, en Lombardie, en Toscane et dans les Marches, le parti guelfe recommençait la lutte, des moines mendiants se répandaient par ses ordres dans le royaume de Sicile et y excitaient partout à la révolte contre l'empereur'^. Deux cardinaux, envoyés par le pontife dans cette partie de l'Italie, furent chargés de diriger une insurrection, à laquelle il convia lui-même les populations en leur promettant, pour prix de leur zèle, la rémission de leurs péchés ^ Un autre cardinal, Philippe de Ferrare, qu'en raison de ses mœurs peu orthodoxes le moine Salimbene appelait « un vrai fils de Déliai ^ », se rendit en Allemagne, pour y hâter l'élection d'un nouveau roi des Romains, élection qu'avant la réunion du concile de Lyon les archevêques de Mayence et de Cologne, d'accord avec le pape, avaient déjà

1. Raynald. anno 1243, n» 47. Pendant le séjour de Louis IX outre-mer, au mois de mars 1251, le pape chargea l'évêque de Paris d'absoudre Blanche de Gastille de la faute qu'elle avait commise en donnant cette qualification à Frédéric et de lui imposer une pénitence. Reff. Innoc. IV, éd. Berger, n" 5332.

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