l" novembre
2. Voir deux lettres de Frédéric du mois de mars 1249, Hist. dipl. t. VI, p. 699-703.
3. « Resistite igitur eorum cupiditatibus effrenatis, resistite ne in sua malitia glorientur; assistite nobis in forli bracàio et forti anime contra eos, ut, ipsorum oinnino supercilium depriinentes, sacrosanctam Ecclesiam matrem nostramdigiiioribus fulciendo rectoribus. prout ad nostrum spectat officium..., ad honorera divinum in melius reformemus. » Mars 1249. Histdipl. ibid., p. 705707.
l'Europe. Revenu dans son royaume de Sicile pour y réunir toutes les forces dont il pourrait disposer, il comptait marclier à leur tète contre les Guelfes d'Italie et, après les avoir domptés, percer jusqu'en Allemagne où il donnerait la main à Conrad *. Mais une défaite que le roi de Sardaigne, Enzio, nommé par lui son vicaire en Lombardie, essuya aux environs de Modène -, déconcerta ses projets. Peu après, il voyait le domaine pontifical lui échapper et ses États de l'Italie méridionale sur le point d'être envahis par une armée que le cardinal Capoccio, rappelé d'Allemagne par Innocent, avait recrutée sur les terres de l'Eglise ^ Il essaya de résister encore. Néanmoins, à partir de ce moment, son courage parut décliner comme avait décliné sa fortune. N'ayant pu ni vaincre, ni apaiser le pontife qui avait juré sa perte, voyant s'étendre les révoltes, se multiplier les défections, en proie à la défiance au point d'avoir livré au supplice son plus fidèle conseiller, Pierre de la Vigne, qu'il soupçonnait de le trahir '', épuisé par les ellorts de cette longue et terrible lutte, il tomba enfin malade non loin de Lucéra, au château de Fiorentino, oi^i il expira le 13 décembre 12o0.
Ainsi mourut ce monarque, qui, depuis plus de trente années, avait rempli de son nom la chrétienté et avait lutté, d'abord par les négociations, puis par les armes, contre trois papes successifs. Représentant fidèle d'une époque agitée et violente et déjà portée, par quelques-unes de ses tendances, à un certain scepticisme, il n'avait pas, on doit l'avouer, une moralité qui fût à la hauteur de ses desseins. Plus italien qu'allemand, peu s'en fallut qu'en n'écoutant que sa propre ambition il n'eût ransfé sous son obéissance l'Italie entière, et qu'il n'eût du même coup abattu la puissance temporelle des