Chvon. de reb. in Ital. gest
3. Cherrier, Hist. de la lutte des papes et des empereurs.^ t. II, p. 378-383. Cf. Mignet, Joiirn. des Sav. année 1864, p. 27-30.
4. Sur cette liu tragique du ministre de Frédéric, voy. Iluillard-Bréholles, Vie de Pierre de la Vir/nc, p. 77-91.
papes et donné à la péninsule l'unité politique. Ses appels à une réforme dans le régime de l'Église, si justifiés qu'ils pussent être par les abus dont elle offrait le spectacle, n'étaient de même dictés que par l'intérêt. Car tel est en ce monde le cours des choses, que les changements les plus salutaires s'y accomplissent quelquefois par les vices des hommes plus que par leurs vertus, et par leurs passions plus que par leurs idées. S'il échoua dans ses projets, il ébranla du moins cette omnipotence pontificale contre laquelle commençaient alors à se soulever non seulement les souverains séculiers, mais les peuples, et il en prépara la chute.
En apprenant la fin de son redoutable ennemi, Innocent ne put contenir sa joie. « Que les cieux se réjouissent, s'écriait-il dans une lettre adressée aux peuples du royaume de Sicile, et que la terre tressaille d'allégresse! La foudre et la tempête, si longtemps suspendues sur nos tètes, se sont changées, par la miséricorde divine, en doux zéphirs et en fraîches rosées K » Toutefois l'œuvre qu'il avait entreprise n'était pas terminée. Le fils de Frédéric, Conrad, son successeur à l'Empire comme à ses Etats héréditaires, se soutenait encore en Allemagne. L'opiniâtre et implacable pontife déclara de nouveau que jamais, avec le consentement du chef de l'Eglise, Conrad ou tout autre prince do la race de Frédéric ne posséderait l'Empire, ni la dignité de roi des Romains, ni même le duché de Souabe^. Après avoir promis la couronne impériale à Guillaume de Hollande qui vint le trouver à Lyon, et auquel il renouvela publiquement cette promesse, il enjoignit aux princes et aux villes de l'Allemagne d'obéir à l'élu du saint-siège, avec menace de punir par les peines